Dernières (belles) Lectures

Marwan Mansouri, professeur d’histoire-géo, a deux frères, Ali et Foued. Lorsque leur père, qui était garagiste à Clichy depuis des décennies, vient à mourir, ils apprennent qu’il a émis le souhait d’être enterré à Casablanca, et qu’il a désigné Marwan pour l’y accompagner. Leur première réaction est l’incompréhension devant cette décision : toute la famille est en France, leur vie est en France, pourquoi vouloir reposer dans un pays quitté il y a si longtemps ?
C’est sur place pourtant, en retrouvant sa grand-mère et malgré le barrage de la langue, en rencontrant d’anciens amis de son père (formidable personnage de Kabic), que Marwan découvrira d’autres facettes de sa famille et des secrets anciens dont lui et ses frères subissent toujours les répercussions. Découverte d’un pays également, qui n’est plus celui dont son père était nostalgique ni celui que lui-même s’imaginait. D’une très belle écriture, avec délicatesse et beaucoup d’humour aussi, Olivier Dorchamps propose un roman sur l’identité et sur la difficulté d’être l’enfant de deux pays, à la fois arabe en France et français au Maroc.

CEUX QUE JE SUIS, Olivier Dorchamps, Editions Finitude

« De son enfant, nul ne guérit. »
Darius est un petit garçon vivant dans le quartier juif de Tunis lorsque son père libraire est tué durant une émeute ; l’événement tragique le laissera frappé de mutisme. Sa mère Stella va dès lors se battre et travailler d’arrache-pied pour que son fils ait le plus grand destin grâce à de belles études, mais sur sa route il va découvrir le pouvoir de la musique et pouvoir s’exprimer grâce à son prodigieux don pour la clarinette, cet instrument qui « sait tirer de la joie et des larmes »…
Voici une existence toute entière bercée par un air de jazz, de l’enfance tunisienne à l’Europe libérée jusqu’aux tournées sur les routes de l’Amérique ségrégationniste. Porté par son art, Darius finira par faire partie des plus grands et côtoyer Billie Holiday, Miles Davis ou Charlie Parker.
J’ai été très surprise et touchée par cette histoire lumineuse, beaucoup de scènes sont inoubliables (celles de la mort du père ou celle de la rencontre singulière entre le héros et Dinah à Brooklyn), même s’il y a parfois de larges ellipses (je pense aux passages sur la guerre). C’est un roman à la fois sur l’amour d’une mère prête à tout sacrifier pour le seul être au monde qui lui reste, quitte à refuser de refaire sa vie, et sur la musique qui sait apaiser les peurs et calmer les cauchemars. Une magnifique fresque musicale !   

OU BAT LE CŒUR DU MONDE, Philippe Hayat, Calmann-Levy

« Mille Petits Riens » est l’histoire du procès intenté à une sage-femme noire par des suprématistes blancs lui reprochant d’être responsable de la mort de leur petit garçon. Donnant tour à tour la parole à Ruth, à son avocate Kennedy et à Turk, le père, l’auteure traite d’un sujet extrêmement délicat avec beaucoup de pistes de réflexions sur le racisme institutionnel comme sur le racisme au quotidien, celui qui ne veut pas dire son nom même devant un tribunal. La lecture, très prenante, donne l’impression de regarder un de ces films de prétoire américains qui abondaient dans les années 90. Mon premier roman de Jodi Picoult mais certainement pas le dernier !

MILLE PETITS RIENS, Jodi Picoult, Actes Sud

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