Les Etoiles du Rex en mode flou

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C’est grâce à un concours remporté chez Mamievlin que j’ai eu l’occasion d’emmener ma petite famille visiter les Etoiles du Rex.

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(Dis donc, il y a du beau monde qui est passé par là…)

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Le hic c’est qu’étant toujours incapable de maitriser mon appareil photo, je ne peux te proposer que des photos bien ratées. Yeah ! Mais comme l’endroit est intéressant, je voulais quand même t’en parler un brin, alors c’est parti pour une visite floue (si tu veux voir des photos réussies, je te recommande chaudement d’aller jeter un oeil  chez Mamievlin).

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« Hi Baby, je suis Superman et je vais sauver ce monde brouillé ! Enfin, dès que j’aurai retrouvé mes lunettes… »

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Guidé par une voix enregistrée, ce parcours très ludique permet de visiter les coulisses de ce mythique cinéma à travers une série de décors : cabine de projection, bureau du producteur, plateau de tournage… un ascenseur impressionnant nous permet même de passer derrière la scène mythique du Grand Rex. Pour les cinéphiles c’est carrément le bonheur !

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C’est vraiment bien de garder trace des projecteurs à l’ancienne –  il n’y a pas si longtemps que les cinémas sont passés au tout numérique, mais pour ma (vieille) génération je crois que rien ne remplacera jamais le charme désuet des bobines.

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Voici la mascotte du Rex, non ce n’est pas Octopussy.

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Voilà qui nous a beaucoup amusés, le passage par ce couloir mouvant parsemé d’étoiles.

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La visite devient interactive lorsque nous sommes invités à tester les conditions d’un tournage et à faire de la figuration avec un décor de film catastrophe pour fond, puis à faire du doublage. C’est vraiment très amusant, d’autant qu’à la fin tu peux assister à la projection du résultat. Te voilà devenu un acteur de cinéma !

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Bref, une visite que je recommande à tous les amoureux du 7e art… et sans flou artistique !

 

Les Etoiles du Grand Rex, 1 Bvd Poissonnière, Paris 2e   ★

Une petite toile ce week-end ?

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Si tu as envie d’une grande bouffée de tendresse, va vite faire connaissance avec la famille Patar dans Cigarettes et Chocolat chaud (de Sophie Reine, avec Gustave Kervern, Camille Cottin…), l’histoire d’un papa veuf qui se débrouille comme il peut entre l’éducation de ses deux filles, deux boulots et beaucoup de démerde. Evidemment un jour, les services sociaux s’en mêlent…

Est-il possible de remplacer l’électricité par des lucioles ? Les hamsters supportent-ils bien la coloration ? Peut-on devenir un parent parfait grâce à un stage ? Sous des dehors empreints de couleurs, de poésie et de fantaisie, ce premier film touche à des sujets plus sensibles comme le deuil ou la différence. Tu pleureras peut-être, tu riras certainement beaucoup tant ces personnages sont irrésistibles, entre le père tellement maladroit et ses deux mouflettes si malines, l’enquêtrice sociale qui essaye de faire son taf pour le mieux (le mieux de qui ?) en appliquant des règles strictes. C’est un film pour les sensibles, les petits comme les grands.

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Si tu es prêt à te vider de toutes les larmes de ton corps, tu peux tenter le magnifique mais ô combien tragique : Manchester by the Sea (de Kenneth Lonergan, avec Casey Affleck…)

Dès le départ, alors qu’il débouche les toilettes ou répare la plomberie des locataires de l’immeuble dont il est homme à tout faire, tu devines qu’il y a un truc avec ce type : il fascine ou exaspère, semble inatteignable, à la limite autiste. Et puis le voilà contraint de retourner à Manchester by the sea (du nom d’un port de pêche) où son frère qui était malade du coeur vient de décèder… et de lui confier la tutelle de son fils.

Mais Lee ne peut pas rester à Manchester où durant toutes ces années il ne revenait « que pour les coups durs », et l’on finit par savoir pourquoi il traine autour de lui une réputation de soufre, cherche la bagarre à la moindre occasion comme pour expier, se trouve incapable d’y croiser son ex-femme et de se remémorer ce qu’ils ont traversé. Culpabilité, survivance, rédemption, reconstruction… chacun survit comme il peut. C’est très beau, très contemplatif, très intimiste… et très, très, très lent aussi.

Papa ou Maman 2, on prend les mêmes et on recommence

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Deux ans après leur divorce, tout semble aller pour le mieux pour les Leroy qui sont parfaitement organisés, l’un habitant en face de l’autre pour le plus grand confort des paren… heu des enfants. Sauf que lorsque chacun cherche à refaire sa vie, leurs nouveaux conjoints vont avoir un peu de mal à trouver leur place…

La recette et la trame sont en gros exactement les mêmes que dans le premier, autrement dit nous retrouvons ce duo d’acteurs impeccablement génial et si comiquement parfaitement assorti, Marina Foïs et Laurent Lafitte, et nous les regardons s’envoyer des vacheries et se courir après pendant 1h23. Et ça marche, ça marche toujours aussi bien ! Encore une fois adieu le politiquement correct (pauvre petite Charlotte, petit bout d’chou…) et bonjour les adultes égoïstes, immatures, jaloux et autocentrés, heureusement que les gosses, eux, sont raisonnables… Beaucoup d’humour/d’amour vache avec la surprise en moins, mais ça reste très drôle à regarder.

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Un élément de taille m’a perturbée tout le long du film : leurs baraques. Je connais le coin du tournage (Arcachon-je-taime), mais leurs (sublimes) maisons semblent bouffer l’écran tant on passe de temps à les arpenter – ne serait-ce que dans la toute première scène en plan séquence où l’on a droit à une véritable visite guidée, et tant les personnages passent de l’une à l’autre sans discontinuer. Elles devraient être créditées au générique à mon avis, au même titre que les chiens Jean-Luc et Jean-Pierre.

Bref on passe un moment très sympa devant le grand écran avec deux comédiens qu’on adore, mais personnellement je préfère le premier et j’espère que si troisième épisode il y a,  il y aura du renouvellement (pitié, nous faites pas un petit dernier…).

 

Papa ou Maman 2, un film de Martin Bourboulon, avcec Marina Foïs, Laurent Lafitte… actuellement en salles  ★

Sausage Party ou comment te dégoûter à vie des hot-dogs

246127Ma tête pendant la projection…

Je précise que j’ai vu ce film il y a quelques temps dans le cadre du Showeb organisé par le Film Français et que j’ai écrit ces lignes le lendemain, donc bien avant la sortie-polémique.

Je crois être plutôt bonne cliente des blagues vulgaires, le niveau caca-trou-popo ça passe, mais pas trop longtemps, à un moment faut savoir remonter (c’est le cas de le dire). Or là non seulement ça ne remonte JAMAIS, mais ça plonge de plus en plus bas. Ça démarre par allusions fines à base de saucisses (j’allais te donner des exemples mais par crainte de ce que ça pourrait attirer comme recherche gougueulesques par ici je préfère laisser fonctionner ton imagination) et ça finit dans la fange. Ah et l’histoire quand même (si, il y en a une) : les produits d’un supermarché, des saucisses au ketchup en passant par la moutarde et les tacos, s’imaginent qu’une fois qu’ils auront le suprême privilège d’être achetés par les dieux (oui, c’est nous…) ils parviendront au paradis. La désillusion sera à la hauteur d’un massacre.

Attention spoiler : il y a bien une partouze à la fin, mais ça je crois que depuis qu’on accorde au film une publicité en or, tout le monde est au courant. Bref, déconseillé aux moins de 12 ans tu m’étonnes, je vais interdire ça à mon collégien jusqu’à ses 40 balais au moins, non pour protéger ses chastes yeux de la lubricité d’un donut mais parce que la vulgarité y a pas d’âge pour se l’épargner. J’apprécie le politiquement incorrect, je suis anti-censure, mais ce film est juste un gros navet, point barre, et oui il se trouve que c’est un dessin animé porno, mais boudiou, quels sont les parents qui emmènent leurs enfants au cinéma sans se renseigner AVANT sur ce qu’ils vont voir ?

Je finis là-dessus : ce week-end j’en ai parlé avec deux collégiens très curieux de 11 ans, eh bien figurez-vous, quelle surprise, qu’on en parle énormément dans les cours de récréation et que c’est à celui qui dira « moi je vais le voir, moi je l’ai vu, moi je vais le télécharger, etc. » Bravo aux censeurs pour toute cette fantastique promotion à l’effet inverse que celui souhaité – à moins que… oh, wait !

Sausage Party, un film d’animation de Conrad Vernon et Greg Tiernan, actuellement en salles.

Vaiana, le nouveau Disney très réussi

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Voici donc venue la nouvelle petite princesse Disney, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas cucul ! J’ai adoré Vaiana, cette petite fille têtue et… réaliste. Il y a du progrès les gars, la jolie polynésienne n’a ni les sourcils épilés ni les mollets d’une biche dénutrie ni la taille d’une gazelle affamée ! Bon, comme il faut quand même lui trouver un défaut, elle… chante. Il faudra dire un jour aux créateurs (avec tact, hein) que leurs chansons on n’en peut plus, et que c’est dans un bel ensemble que dans la salle de cinoche pleine à craquer, chaque fois qu’un nouveau couplet démarrait, petits et grands soupiraient : « oh noooon… » Ok, il y en a des chouettes (owé owé) qui restent bien en tête, mais pourquoi en mettre autant ?

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Ceci mis à part, c’est vraiment un très, très joli cru qui fait rire et pleurnicher (la relation de Vaiana avec sa grand-mère ne peut pas laisser indifférent), avec une chouette histoire de bravoure et de courage et de quête de soi qu’on connait certes par coeur, mais il faut reconnaître que ça marche toujours aussi bien ; et puis là, une princesse qui ne rêve pas du prince charmant pour s’accomplir mais plutôt de se barrer de chez ses parents pour découvrir le monde, il y a de quoi se réjouir !
Peut-être en fille de la mer ai-je autant kiffé parce que l’océan est de chaque image, c’est dire si en termes techniques on est proche du zéro faute, sans parler des paysages sublimes de la Polynésie. Bref Vaiana (ou Moana) je t’aime, si j’avais 8 ans je te collerai partout dans ma chambre, et puis j’adopterai un poulet, même si c’est le plus con de la terre.

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Vaiana, la Légende du Bout du Monde, un film d’animation de John Musker et Ron Clements, sortie en salles ce mercredi.

Réparer les Vivants, le film

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Suite à un accident, la vie du jeune Simon est désormais supendue aux machines d’un hôpital. Au même moment, à Paris, une femme attend la greffe providentielle qui pourra prolonger sa vie…

L’ouvrage de Maylis de Kerangal dont c’est l’adaptation m’avait complétement emportée et durablement marquée il y a quelques temps. Il me semblait que c’était un projet un peu fou de l’adapter au cinéma (et aussi deux fois au théâtre !) mais pour avoir beaucoup apprécié les précédents films si sensibles de Katell Quillévéré (« Un poison violent« , « Suzanne« ), j’avais une forte attente.

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Voici l’éternel problème de la confrontation roman/film : je pense que si je n’avais vu que le film, je l’aurais aimé sans réserve. Car c’est sans conteste une oeuvre magnifique, traitant d’un sujet des plus délicats sans pathos et avec une grande justesse.
L’interprétation est nickel (tragiques et magnifiques Emmanuelle Seigner et Kool Shen, fébrile Anne Dorval) et certaines scènes resteront lontemps en mémoire, vibrantes de vie comme un plongeon dans la grande vague au petit matin ou l’extraction d’un coeur palpitant.
Ce coeur, justement : la force du livre résidait dans la construction, minutée dans le temps, autour de son voyage du donneur au receveur, croisant et abandonnant derrière lui toutes les personnes impliquées, tandis que dans le film on revient en arrière, on saute d’un personnage à l’autre, or il y en a beaucoup des personnages – et c’est bien normal dans l’histoire époustouflante d’une transplantation cardiaque. S’ensuit une sorte de déséquilibre, où le film, de terriblement humain, charnel et sensoriel dans sa première partie, bascule dans le clinique et le documentaire.
Mise à part cette impression d’éparpillement, c’est un film qu’il faut absolument voir, qui parle de la vie et de la mort, de ces gens qui consacrent leur vie à ce que d’autres la gardent, de don de soi, d’humanité.

Réparer les Vivants, un film de KATELL QUILLEVERE avec Emmanuelle Seigner, Tahar Rahim, Bouli Lanners… actuellement en salles.

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La Danseuse, envoûtante

294627La Danseuse fait partie de ces films qui te hante longtemps après être sorti de la salle de cinéma : tu brûles d’en savoir plus, tu t’interroges sur la part de réel et de fiction.

Et puis l’histoire est tellement incroyable : comment, de fille de ferme dans le grand ouest américain, Loïe Fuller est-elle devenue la coqueluche des cabarets parisiens de la belle Epoque, jusqu’à se voir proposer la scène de l’Opéra de Paris ? Et qu’en est-il de cette rivalité avec Isadora Duncan ?

Ni l’une ni l’autre n’étaient des danseuses traditionnelles, et pourtant chacune a à sa façon scandalisé et révolutionné son art :
Loïe (Soko) a commencé à se produire tardivement avec sa célèbre danse serpentine, usant de ses longs tissus blancs tenus à coup d’immenses baguettes, d’éclairages et de couleurs pour produire un effet hypnotique évoquant l’apparition d’un papillon. Elle ne dansait pas avec les pieds mais avec les bras, dans un numéro ressemblant davantage à une impressionnante performance d’artiste qu’elle cherchait sans cesse à perfectionner, au risque d’y laisser sa santé. Tandis qu’Isadora Duncan (Lily-Rose Depp), l’ambitieuse, incarnait la grâce à l’antique, gracile et dénudée, usant de ses charmes pour se hisser au sommet.

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Stephanie DiGiusto propose un magnifique portrait de femme libre et entêtée, évoluant dans un milieu artiste désinhibé, que ce soit au sein des Folies Bergère qui privilégiaient l’amusement ou de l’Opéra de Paris en quête de modernité. Les deux actrices principales sont extrêmement charismatiques, sans compter le magnétisme d’un Gaspard Ulliel tourmenté (un personnage imaginaire). Les numéros sont d’une folle beauté mais surtout magnifiquement filmés, et l’on se souviendra longtemps du tourbillon Soko, dos brisé et yeux brûlés.

La Danseuse, un film de Stephanie DiGiusto avec Soko, Gaspard Ulliel… actuellement en salles