Ce qui nous lie, Cédric Klapisch

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il y retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie…

D’abord il y a la Bourgogne, le passage des saisons, le changement des paysages (quelle beauté !), le métier de viticulteur si dur, si exigeant, si ingrat parfois. Et puis il y a une famille, une fratrie réunie à la mort du père, à l’heure des décisions. Il est temps de grandir pour Jean, Juliette et Jérémie.

L’histoire souffre de petites faiblesses ; ainsi du retour du frère prodigue dix ans après son départ qui ne reçoit qu’un petit quart d’heure de bouderie (sérieux ?), le même Jean écartelé entre la France et l’Australie, entre la Bourgogne et le petit garçon qui l’attend là-bas (vraiment ?), ou encore l’ébauche de fleurette entre Juliette et un vendangeur abruti et macho (hein ?), enfin les tentatives avortées de Jérémie pour tenir tête à son beau-père – mais dis-leur merde à la fin !! ; mais le plus important c’est tout ce qui est dit sur la tendresse fraternelle et sur ce qui nous reste de notre enfance, avec tant de délicatesse (oh ces idées de mise en scène, tellement, tellement belles) et joué par de beaux acteurs.

Il me semble que Ce qui nous lie est l’un de ces films que l’on reçoit très différemment d’un spectateur à l’autre, en fonction de son vécu et, en l’occurrence, de sa famille. Personnellement, j’ai énormément pleuré tout le long du film et je sais bien pourquoi – incapable de résister à toutes ces scènes de « câlin familial ». Quand l’un des personnages dit « ce qui nous lie est un fardeau » en parlant de l’héritage familial, je crois que cela parlera à beaucoup sans que l’on soit pout autant propriétaire d’un vignoble de Bourgogne.

Pour finir, cette chanson de Camelia Jordana berce le tout avec une grande douceur :

 

CE QUI NOUS LIE, Cédric KLAPISCH, avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil… actuellement en salles 

Lou Andreas-Salomé, une femme d’influence

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Cette semaine sort en salles un film sur Lou Andreas-Salomé, une hagiographie plate et ennuyeuse. Pourquoi en parler me diras-tu ? Parce qu’il a au moins le grand mérite d’évoquer l’existence d’une femme exceptionnelle, et pas seulement pour son temps, beaucoup trop méconnue.

490280 Plouf ! le film.

Reprenons : Lou est une intellectuelle allemande d’origine russe ayant vécu de 1861 à 1937, romancière et psychanalyste elle déclencha la passion de beaucoup d’hommes, et pas des moindres (Rainer Maria Rilke et Friedrich Nietzsche pour les plus connus), elle fréquenta également Freud. Egérie au vrai sens du terme mais pas seulement, elle fut aussi avant-gardiste, rebelle, toujours en mouvement, toujours en voyage, et si elle inspira la passion elle la refusa tout autant, du moins jusqu’à très tard dans sa vie. Son oeuvre reste méconnue, dans l’ombre des grands noms qu’elle fréquenta.

Le film s’attarde beaucoup sur l’étrange trio (platonique) qu’elle forma avec Paul Ree et Nietzsche (le jeu de l’acteur derrière sa moustache autonome vaut son pesant de philosophes), pas suffisamment sur son enfance me semble-t-il. Elle accepta d’épouser Friedrich Carl Andreas à condition de ne jamais consommer le mariage. Sa relation avec Nietzsche fut brisée par la soeur de celui-ci, qui sombra dans la dépression et finit par écrire son chef d’oeuvre « Ainsi parlait Zarathoustra« . Belle, intelligente, avide de liberté, un brin manipulatrice… inspiratrice !!

Le film est intensément bavard, certes il est question d’intellectuels, mais les petites scènes pirouettes s’efforçant d’apporter de la fantaisie sont franchement ratées, le montage par moments absurdes, et ne parlons pas des cartes postales reconstituées de façon kitschissime. Mais ceci pourrait servir de point de départ à qui souhaiterait connaître cette figure féminine majeure, et peut-être approfondir par la lecture de son oeuvre, ou de celles qui lui ont été dédiées. Son histoire reste à raconter !

Lou-Andreas Salomé, un film de Cordula Kablitz-Post, avec Katharina Lorenz, actuellement en salles.

Description de cette image, également commentée ci-après

Un peu de lecture :

Lou, Histoire d’une Femme Libre, Françoise Giroud, Fayard & le Livre de Poche
Ma vie, Lou Andreas-Salomé, PUF
Lettres à Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke, 1001 Nuits

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★ Séance de rattrapage ★ Les Figures de l’Ombre

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Fin des années 60, aux Etats-Unis. La NASA est lancée dans une course effrénée avec l’URSS pour envoyer le premier homme dans l’espace. Dans l’ombre, des scientifiques consacrent leur vie à contribuer à l’exploit, des mathématiciennes sont chargées de calculer les trajectoires…

Quand tu regardes Hidden Figures (Les Figures de l’Ombre en français), tu prends un choc.
Pas d’entrer dans les coulisses de la NASA, pas de réaliser qu’avant l’arrivée des gros engins IBM les calculs de trajectoires des engins spatiaux étaient faits… à la main (logique en même temps). Que ces calculs étaient faits par des armadas de calculateurs. Que souvent c’étaient des femmes, à la fois capables de résoudre les équations les plus complexes et interdites d’assister à la moindre réunion (là tu commences à tiquer grave).
Ce qui choque le plus, c’est que ces calculeuses avec un QI 4000 fois supérieur à celui de l’actuel président des Etats Unis (pas dur, en même temps) étaient reléguées au fin fond des bâtiments. Qu’elles n’étaient pas autorisées à utiliser les mêmes toilettes que les autres. Ni à boire le café dans le même récipient. Ah oui, parce qu’elles étaient afro-américaines. Là t’as juste envie de prendre la cafetière et d’ébouillanter la première *** de n*** qui passe. Mais ça ne révulse personne, puisqu’on est dans les années 60, en Virginie, sous le règne des lois ségrégationnistes.

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Alors certes, le film est très hollywoodien avec beaucoup de bons sentiments et la musique qui dégouline pour surligner les émotions, avec un Kevin Costner redresseur de torts (et destructeur de panneaux de WC). Contre toute attente, ce sont les parties du film concernant les vies personnelles des jeunes femmes qui sont les plus ennuyeuses, alors qu’elles auraient plutôt dû expliquer leur parcours et leur ténacité. Mais ces nanas-là sont tellement combatives, tellement drôles (la première scène avec un policier !), avec un tel charisme qu’on les aime tout de suite, tellement heureux qu’on leur rende ENFIN un nom et un hommage (pourquoi seulement maintenant ?), et qu’on meurt d’envie d’en savoir plus. Rien que pour ça, il faut voir les Figures de l’Ombre.

 

Les Figures de l’Ombre, un film de Theodore Melfi avac Taraji P.Henson, Octavia Spencer, Janelle Monàe…

Lumineuse « Aurore »

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Aurore a 50 ans, des bouffées de chaleur, un boulot qui la pousse vers la sortie, des enfants qui quittent le nid… le début de la fin ? Non, juste une étape vers autre chose.

Quel beau portrait de femme ! Il faut dire qu’Aurore c’est Agnès Jaoui, et qu’elle a rarement été aussi belle (quoique dans le récent « Comme un avion » de Bruno Podalydès…). 50 ans, l’âge des bilans, de rattraper le temps perdu, le temps des retrouvailles et des excuses aussi. A la cinquantaine, tout serait fini ? alors qu’au contraire c’est souvent l’âge où l’on commence une nouvelle vie, les enfants en moins, seule ou accompagnée – l’âge des nouveaux possibles. Pas sexy, la quinqua avec ses bouffées de chaleur ? Attends de voir la sensuelle façon dont l’actrice relève ses cheveux au dessus de sa nuque, dévorée des yeux par un ancien fiancé troublé (dans une scène de restaurant, la plus belle du film selon moi). Les scènes les plus réussies sont d’ailleurs celles où rien ne se dit, où tout est porté par le regard de très beaux acteurs (Thibault de Montalembert est bien meilleur ici que dans « Dix pour cent« ).

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Bref c’est un film à message très positif, enthousiaste et énergique qui évoque avec bonheur quelques sujets peu traités au cinoche : jeunisme, sexisme, féminisme… sans oublier cette foutue ménopause ! Mais rien d’impossible à qui a gardé son grain de folie et de fantaisie, et nulle doute qu’Aurore fera une très chouette… mémé !

 

AURORE, un film de Blandine LENOIR avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot… actuellement en salles 

« Elle », le meilleur film de 2016 ?

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On peut être cinéphile et passer à côté de certains films. Au vu des résultats des César 2017, je me suis décidée à m’offrir une séance de rattrapage avec « Elle », le film de Verhoeven récompensé comme meilleur film de l’année 2016.

Rappelons qu’il s’agit de l’histoire de Michèle, cette femme qui se fait agresser un soir chez elle, puis continue sa vie comme si de rien n’était. Inflexible elle était, inflexible elle restera.
Il y a quelque chose dans les films de Verhoeven qu’on reconnait tout de suite, cette marque de fabrique qui flirte perpétuellement avec la limite de la vulgarité (limite parfois allégrement franchie – Showgirls restera à cet égard dans les annales – avec 2 n) mais qu’on retrouvait même dans le plutôt estimable Black Book. Quelque chose en rapport avec les actrices qu’il semble se délecter à mettre dans des positions (c’est le cas de le dire) inconfortables et même vaguement humiliantes, c’est probablement ce qui me gêne.

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Pourtant « Elle » est censé raconter justement tout le contraire : il n’est pas dit que la femme outragée se laissera rabaisser par ce qu’elle semble considérer comme une mésaventure passagère, il en faut bien plus (mais quoi, alors ??) ; après l’agression, elle se commande des sushis tranquillou, et le lendemain continue à mener sa carrière de patronne d’entreprise de jeux vidéo, méprisante et méprisée. Je n’ai pas lu « Oh… », le livre de Philippe Djian dont c’est l’adaptation, je pense qu’il est certainement plus intéressant et plus fouillé psychologiquement, parce que sur le visage d’Huppert il ne passe pas grand chose. Si tu aimes cette actrice tu vas être comblé, clairement c’est un festival, un mix entre tous ses rôles à la « je-ne-suis-pas-folle-vous-savez », de La Pianiste à My Little princess en passant par Copacabana. Elle est de tous les plans, sacrifiant au passage tous les personnages intéressants mais ô combien transparents derrière la reine Isabelle, Virginie Efira ou Laurent Lafitte en font largement les frais.
Mais le ridicule n’est pas loin, ah non je corrige il est bien là, et là où on aurait pu parler de jeu, de sensualité, de trouble, je n’ai trouvé que gêne pour les acteurs. Entre les mains du réalisateur, ce qui se voulait un portrait intéressant et très inhabituel de femme forte sombre dans l’infiniment glauque, c’est bien dommage.

(Et quand je pense au plus classique mais magnifique, épuré et élégant Frantz de François Ozon qui était mon César perso à moi, j’ai mal au coeur, sérieux.)

ELLE, un film de Paul Verhoeven avec Isablle Huppert, Isabelle Huppert et Isabelle Huppert 

Fantastic Birthday, un conte onirique

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Greta est une jeune fille solitaire et mal dans sa peau qui s’apprête à avoir 15 ans. Elle est prise de panique lorsque ses parents lui annoncent l’organisation d’une grande fête d’anniversaire.

Dès le début de « Fantastic Birthday » on sait qu’on a affaire à un univers très personnel et très décalé (et aussi très daté seventies) qui fait songer à un mix de Wes Anderson et de Michel Gondry, avec un zeste de Tim Burton. Les cadrages, les couleurs sont très recherchés, le film fourmille d’idées très drôles et de symboles en rapport avec le passage de l’enfance à l’adolescence, car c’est bien connu, à l’âge de 15 ans tout change et plein de choses étranges arrivent, comme se plait à murmurer à Greta sa grande soeur.

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La vie n’est déjà pas si simple pour Greta qui vient d’emménager dans une nouvelle ville et découvre son nouveau collège, peine à se faire des amis et se fait enrôler de force par des triplées pom pom girls aussi flippantes qu’un film de Stanley Kubrick. Seulement voilà, la jeune fille n’est pas pressée de sortir de l’enfance pour ce nouveau monde qui l’effraye, comme cette forêt sombre fermée par des arbres menaçants d’où émergent parfois de bien curieuses créatures. Mais un jour, il faut bien affronter ses peurs…

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Tu l’as compris, on est bel et bien dans un conte onirique où une enfance entière peut tenir dans une boite à musique, où Greta ressemble à une Alice au Pays des Merveilles qui rencontrerait les Maximonstres au pays du Magicien d’Oz ; autant de références qui racontent le rapport complexe à la féminité ou à la sexualité, à la fois la naïveté et la cruauté adolescentes. Un premier film original et créatif très réussi.

Fantastic Birthday, un film de Rosemary MYERS, avec Bethany Whitmore, Harrison Feldman… sortie en salles le 22 mars 

Tamara {Concours BD/DVD}

tamara-3384442271332_0   BD TAMARA

Tamara, 15 ans, complexée par ses rondeurs, décide à son entrée en seconde de se débarrasser de son étiquette de «grosse». Pour clouer le bec des mauvaises langues, elle fait le pari avec sa meilleure amie de sortir avec le premier garçon qui passera la porte de la classe. Manque de bol, ce garçon s’avère être Diego, le plus beau mec du lycée… 

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« Tamara » est l’adaptation très réussie et très sympa de la BD de Zidrou & Darasse (Editions Dupuis), grand succès chez les jeunes (ce n’est pas Mon Grand qui dira le contraire). Une héroïne pétillante et complexée (Héloïse Martin dans son premier rôle) confrontée aux affres de l’adolescence, voilà qui parlera à beaucoup, jeunes comme moins jeunes, avec un joli message toujours bienvenu sur la confiance en soi. Bref, de quoi passer un excellent moment en famille.

La bonne, très bonne nouvelle, c’est qu’à l’occasion de la sortie toute fraîche du DVD,  grâce à TF1 je peux te faire gagner un lot BD/DVD, c’est pas cool ça ? Pour participer, je te propose de me raconter en commentaire un souvenir de lycée qui t’a marqué, bon  ou mauvais, c’est toi qui vois !

Tu as jusqu’à mercredi 8 mars à minuit et je procéderai à un tirage au sort parmi les commentaires jeudi (résultat annoncé en edit). 

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Alors, ça te dit de retomber en adolescence ?

Tamara, un film de Alexandre Castagnetti, avec Héloïse Martin, Sylvie Testud, Rayane Bensetti… disponible en DVD/BluRay/VOD  ★

 

EDIT : la gagnante est OLIVIA PHILIPPE, j’attends tes coordonnées rapidement s’il te plait. Merci à toutes et tous pour ces jolis souvenirs de lycée 🙂 

 

★ Un grand Merci à TF1, Morgane et à l’agence Cartel ★