Les Tours de Notre-Dame

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Ce week-end il n’y avait pas seulement le Forum Fnac Livres, il y avait aussi les journées du Patrimoine, la journée préférée de mon petit mari qui adore traîner sa tribu dans des hôtels particuliers pour y admirer des collections de soupières dorées – j’aime bien aussi, mais imagine la tête des kids (« oh regarde, un pot de chambre »).

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Du coup j’étais un peu plus enthousiaste lorsqu’il nous a proposé de visiter les Tours de la Cathédrale Notre-Dame. « Là où il y a toujours 3 heures de queue ? Quelle bonne idée !! » Sauf que depuis peu, tu peux choisir ton horaire de visite via l’application (gratuite) JeFile (tu peux aussi le faire sur les bornes devant l’entrée), et là franchement je dis bravo ! tu te présente à l’heure indiquée, on te scanne ton portable, et en avant. Enfin, quand je dis en avant…

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Au début t’es comme ça, hop hop hop c’est pas 400 marches qui vont m’arrêter, j’habite au 4e sans ascenseur moi monsieur !

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Au bout de 80 marches tu te demandes où sont rangés les papiers du divorce, mais comme tu doubles une petite jeunette en hyperventilation qui râle « j’suis au bout de ma vie… », ça te motive et tu continues (en même temps on ne peut pas faire demi-tour…).

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Et tu finis comme ça (c’était ça ou le divorce). Pensée aux gardiens qui doivent être des pros de la réanimation.

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Plus sérieusement, est-ce que ça valait le coup de se bousiller les poumons ? Bien sûr que oui ! Pour la vue à couper le souffle (ça tombe bien, tu n’en as plus), pour l’architecture gothique sublissime, pour toutes ces chimères (eh oui ce ne sont pas des gargouilles !) imaginées par Viollet-le-Duc lors des travaux de restauration commencés en 1845.

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Miaou….

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Pas de panique, il y a des filets de protection partout évidemment, mais au fil du temps des trous y ont été pratiqués, pas bien grands mais judicieusement placés pour permettre les photos…

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Photos pas top prises au portable, mais ça donne une idée… les garçons ont adoré, aussi bien la grimpette que la vue, et moi ravie d’avoir coché l’une des choses immanquables à faire à Paris… mais je ne le referai pas demain !

 

LES TOURS DE NOTRE-DAME, Infos pratiques ICI 

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La deuxième Edition du Forum Fnac Livres

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Voilà, c’est déjà fini et c’était drôlement chouette ! Pour sa deuxième édition, le Forum Fnac Livres a emménagé en plein coeur de Paris dans la Halle des Blancs Manteaux – proportions plus modestes il me semble qu’au carreau du Temple où il se tenait l’an dernier, mais avec une configuration idéale, à tel point qu’on se trouvait comme dans un cocon… une bibliothèque évidemment !

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Il n’est pas magnifique ce cadre ? Sur ces trois jours était attendue une centaine d’auteurs pour des rencontres et des séances de dédicaces, de quoi satisfaire tous les lecteurs (j’ai même cru voir passer un Tchoupi).

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Cette année le Prix du Roman Fnac a été remis par Leïla Slimani (lauréate l’an dernier pour Chanson Douce) à Véronique Olmi pour son superbe Bakhita – dont je reparlerai plus longuement -, prix vraiment mérité qui va permettre de mettre la lumière sur une personnalité incroyablement marquante.

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J’ai eu la grande chance d’assister à trois rencontres instructives et passionnantes, qui comme à chaque fois m’ont donné un éclairage neuf sur le travail des écrivains et illustrateurs :

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Véronique Olmi, encore très touchée par sa rencontre avec Bakhita – et c’est peu de dire que le lecteur l’est aussi !

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Lola Lafon pour Mercy Mary Patty, roman tournant autour du procès de Patty Hearst (dont je reparlerai également), extrêmement à l’écoute de ses lecteurs, que j’aurai bien écoutée plus longuement tant chacune de ses réflexions sonnait juste…

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Et enfin Benjamin Lacombe dont j’aime tant le travail depuis des années et qui nous a parlé de ses projets, de son parcours (bientôt 15 ans de carrière !), de la genèse et de la conception de son sublime album Frida et de la sortie de l’Ombre du Golem.

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Bref, que du plaisir même si je ne suis pas parvenue à voir tout ce que je souhaitais (Romain Duris !!!! Bouuuuuuuuuh), bravo aux organisateurs de cette manifestation à taille humaine (et gratuite)… et vivement l’année prochaine !

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Un immense MERCI à la géniale équipe Anne & Arnaud

Chaplin’s World

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C’est à Corsier-sur-Vevey, en Suisse, que se trouve la dernière demeure de Charlie Chaplin, et c’est là que depuis un an seulement un musée dédié à sa mémoire et à son oeuvre a ouvert ses portes, avec le soutien du Musée Grévin. La visite de Chaplin’s World est constituée de trois parcours : le Manoir, le Studio et le Parc (dont nous n’avons pas pu profiter à cause de la météo).

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Chaplin a été expulsé des Etats-Unis en pleine période de maccarthysme ; en 1952, tombé sous le charme du Manoir de Ban, il en fit l’acquisition et y vivra de nombreuses années avec sa femme Oona et leurs huit enfants. Et d’après ce que l’on peut voir des archives familiales largement ouvertes aux visiteurs, ce furent des années très heureuses…

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Au fil de la visite on peut croiser quelques statues de cire (parfois très troublantes !), notamment de célébrités ayant cotoyé Chaplin (Churchill, Enstein, Sophia Loren…).

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La visite de la maison familiale est vraiment très émouvante, nous faisant entrer dans l’intimité de l’artiste et de ses proches ; les films familiaux, donnant à voir un artiste vieillissant mais faisant perpétuellement le clown pour faire rire ses jeunes enfants, sont extrêmement touchants.

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Le Studio quant à lui est entièrement consacré à l’oeuvre du génie, en reconstituant les décors de ses films les plus célèbres dans une très chouette scénographie avec une multitude d’accessoires. On peut s’y prendre en photo en costume, se faire coiffer par Charlot, entrer sur un véritable plateau de cinéma ou une piste de cirque, se laisser enfermer dans une cellule de prison… bref on passe de l’autre côté du décor.

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Je suis ressortie enchantée de cette visite qui m’a appris beaucoup de choses sur Charlie Chaplin et donné envie de redécouvrir son oeuvre avec mes enfants avec un autre oeil. L’endroit a de toute évidence été pensé dans le plus grand respect de l’homme, et ça se ressent vraiment. Même si je reconnais que je ne suis pas une grande fan des statues de cire (j’y peux rien, elles me font un peu flipper), c’est un endroit à découvrir absolument pour les cinéphiles, les fans de Charlot… et tous les autres qui auraient l’occasion de passer dans la région !

 

CHAPLIN’S WORLD, Route de Fenil 2 CH – 1804 Corsier sur Vevey ★

« Gabriële », une femme libre

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1908. Elle est compositrice, féministe et indépendante, il est peintre, passionné par les femmes, les voitures et doté d’une fâcheuse propension au kidnapping, et dorénavant il ne pourra plus jamais se passer d’elle. Elle, c’est Gabriële Buffet, lui c’est Francis Picabia ; rencontre et fusion de deux génies hors normes et complémentaires, dans un contexte d’émulation artistique folle (prémices du dadaïsme, du cubisme, de l’orphisme…) où l’on croisera Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire ou Pablo Picasso, où l’on voyagera de Paris à New York et de Berlin à Saint Tropez, et où la guerre provoquera d’irréparables dégâts.

Anne et Claire Berest reconstituent dans ce fascinant roman à quatre mains la trajectoire d’un esprit d’avant-garde, sans jamais tomber dans la complaisance (car les génies pouvaient également se conduire en monstres d’indifférence vis à vis de leur progéniture, ce qui expliquera peut-être le silence et l’oubli imposé autour de cette encombrante ascendance), celui de cette Gabriële qui fut leur aïeule et préféra toute sa vie fuir la lumière. « Petite Solitude au milieu des Soleils », « Les Yeux Chauds », « Lâcheté de la Barbarie Subtile », chaque chapitre commence par le titre d’une oeuvre de Picabia et est joliment conclu par des bribes de dialogues personnels (et modernes) entre les deux soeurs. Histoire captivante mettant en lumière une muse effacée.

Cette femme déplace des montagnes pour les autres, mais il lui manque la force de pousser une porte pour elle-même.

GABRIËLE, Anne & Claire Berest, Editions Stock 

Mon Amie Adèle, thriller surprenant et addictif

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Louise est une mère célibataire qui partage sa vie entre son travail d’assistante médicale et son fils. Un soir, dans un bar, elle manque succomber à un homme marié, David, qui s’avère être son nouveau patron. Situation d’autant plus délicate qu’elle fait dans la foulée la connaissance de son épouse Adèle, une splendide jeune femme très isolée qui cherche aussitôt à devenir son amie.

Serait-ce un énième scénario mari/femme/maîtresse, bâti sur les mensonges et les doutes ? Impossible d’imaginer la fin de ce roman complétement inattendu qui se dévore. On tourne à toute vitesse les pages qui donnent tantôt la parole à Louise, tantôt à Adèle, en se demandant qui manipule qui et qui cache quoi : David, qui derrière une apparence d’homme idéal semble être particulièrement brutal ? Adèle, qui s’avère être d’une fragilité extrême ? Tous semblent évoluer dans un brouillard d’alcool et de médicaments, et font partir le lecteur sur certaines pistes pour aussitôt les brouiller. A cela il faut rajouter les terreurs nocturnes et les rêves qui prennent une grande place dans la vie de Louise et Adèle, un autre point commun qui les relie.

Louise est vite écartelée entre les sentiments qu’elle éprouve pour son patron et l’affection qu’elle ressent de plus en plus pour sa nouvelle amie si géniale, même si elle comprend vite que le couple est soudé par un secret qui ne nous sera dévoilé que par petites touches, par ces réminiscences d’avant. Lorsque l’on referme le roman on reste bloqué un bon moment à faire des « HEIN ?? QUOI ?? »… et à repenser à tout ce qu’on vient de lire sous une perspective tout à fait différente. Joli tour de force !

Le passé est aussi éphémère que le futur – il n’est que perspective, fumée et miroir. Comment pourrait-on s’y fier ? Disons que deux personnes expérimentent exactement la même situation, demandez-leur après de la raconter. Leurs versions seront bien sûr similaires, mais toujours avec des différences. Il y a autant de vérités qu’il y a de gens sur terre.

MON AMIE ADELE, Sarah PINBOROUGH, à paraître le 27 Septembre chez Préludes Editions ★ 

Un grand MERCI à Préludes Editions pour la découverte !

Le Festival Photo de la Gacilly, à ciel ouvert

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Cet été pour la première fois nous sommes allés visiter le Festival photo en plein air de La Gacilly, un charmant petit village du Morbihan qui l’espace d’un été prête ses murs, ses ruelles et ses jardins à plus d’une trentaine d’expositions diverses et toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

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Parmi ces galeries à ciel ouvert, cette année le Festival mettait à l’honneur la photographie africaine,  et la relation de l’homme à l’animal. J’ai eu énormément de coups de coeur, difficile de n’en montrer que quelques uns.

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Le Grand Show des Animaux de la Ferme, Rob Macinnis.

IMG_8109IMG_8080Le Monde a 9 ans, Aïda Muluneh.

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L’Arche Photographique, Joel Sartore.

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Dogs, Eliott Erwitt.

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In Situ, Eric Pillot.

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Plus qu’Humains, Tim Flach.

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A ne pas manquer, le FESTIVAL PHOTO DE LA GACILLY se tient encore jusqu’au 30 Septembre (gratuit).

Pourquoi les oiseaux meurent, atypique roman

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Il a plu des oiseaux morts en Normandie, par trois fois déjà, et plus exactement à Bonsecours, le village natal du narrateur. Pourtant personne ne semble y accorder plus d’importance que cela, ni les scientifiques ni les médias, rien de plus que quelques témoignages de riverains et des entrefilets dans les journaux. Qu’à cela ne tienne, le jeune parisien qui voit là une bonne occasion d’échapper à son désoeuvrement de thésard et à son angoisse chronique, décide de mener l’enquête.

C’était chez moi qu’avait eu lieu ce déluge, dans la ville où j’avais passé, avant de m’installer à Paris, les pires et meilleures années de ma vie, c’est-à-dire une enfance.

Il s’embarque alors pour une croisière sur la Seine qui va le faire voguer à un rythme lent d’Hitchcock à Stendhal, de Mao à Félix-Alexandre Pouchet, un probable ancêtre scientifique adepte de la théorie de la génération spontanée – autrement dit peut-on grandir sans rien au-dessus de nous ? d’ailleurs, cette recherche ne serait-elle pas en réalité une quête du père vers lequel tout le ramène, ce père avec qui il y a eu des mots dont on ne saura pas grand chose, ce père qui ne répond étrangement plus au téléphone ?

De la rencontre avec une charmante navigatrice à la conversation avec la folle de la cathédrale, du Seine-Princess à un Museum, de théorie en théorie sur l’hécatombe, soigneusement retracées dans le cahier des oiseaux morts, le narrateur s’interroge : et si ce drame « ornitho-apocalyptique » annonçait le début de quelque chose ? On raisonne ici beaucoup par métaphores, saupoudrées d’un brin de poésie, plongées dans un grand bain de mélancolie, nostalgie de l’enfance, inquiétude pour le futur, et que serait l’avenir de l’homme sans les oiseaux ? Un atypique premier ouvrage qui vaut plus qu’un survol.

POURQUOI LES OISEAUX MEURENT ? de Victor Pouchet, à paraître le 7 Septembre aux Editions Finitude