Coco et Santa & Cie, deux films de Noël à voir absolument

ciné

♪ COCO ♪

Miguel appartient à une famille de cordonniers d’où la moindre petite note de musique est interdite depuis que l’arrière-arrière-arrière-grand-père a abandonné femme et enfant pour se consacrer à sa carrière ; pourtant il rêve de devenur guitariste comme son idole, Ernesto de la Cruz. Alors que se prépare el dia de los muertos, cette grande fête mexicaine consacrée à la mémoire des défunts, Miguel se retrouve projeté au pays des morts…

En dépit de son thème, ici on ne trouvera rien de morbide, ni de gris-Toussaint, mais au contraire de la joie, de la couleur, de la vie ! Car au Mexique, on célèbre ses morts dans le partage et la convivialité. Dans ce nouveau Disney-Pixar, on imagine qu’il existe réellement un passage entre le monde des vivants et celui des morts, mais attention seuls pourront le franchir les disparus qui n’ont pas été définitivement oubliés. On va de surprise en surprise en découvrant tout ce festif folklore qui insiste sur l’importance de la mémoire : les morts restent vivants tant qu’on pense encore à eux… Visuellement sublime, j’ai versé des litres de larmes sur ce film émouvant sur la force des liens familiaux qui plaira tant aux petits qu’aux grands.

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❄SANTA  & CIE ❄

Santa Claus est à quelques jours de la distribution des cadeaux de Noël, et son usine tourne à pleine régime lorsque, catastrophe, ses lutins tombent comme des mouches, frappés par un mal inconnu. Il ne reste plus à Santa qu’à descendre sur Terre avec ses rennes pour trouver une solution…

Pour son retour sur le grand écran en tant que réalisateur, Alain Chabat s’est vraiment fait plaisir en se donnant le rôle d’un Père Noël légèrement misanthrope à la tête d’un royaume de lutins (autant de trouvailles malicieuses dans la préparation des jouets) et contraint à s’allier avec des humains, adultes comme enfants (horreur !) dont il va devoir découvrir le mode d’emploi. Autant d’occasions de scènes hilarantes, et même si le réalisateur oublie un brin sa légendaire causticité afin sans doute de plaire à toutes générations, les clins d’oeils et les références drolatiques foisonnent – ne pas louper quelques apparitions de guest-stars, donc celles de Jean-Pierre Bacri qui vaut le détour… mais où sont Dominique Farrugia et Chantal Lauby ? #générationNuls). Bref, un film qui permet de passer un excellent moment en famille, tendre mais jamais mièvre.

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Les Coeurs Brisés ont la Main Verte, un roman feel good✽

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Pour les besoins des illustrations d’une encyclopédie botanique, Lilian, 34 ans et citadine pur jus, s’est engagée à suivre un cours de jardinage tous les samedis matins et en profite pour y embarquer ses filles Clare et Annabel, et sa soeur Rachel. L’occasion pour Lili de sortir de la coquille où elle se cache depuis son récent veuvage, et de faire de drôles de rencontres…

Quoi ? Mais non je n’ai pas repéré ce titre d’abord à cause de sa magnifique couverture ! mais aussi pour l’histoire de cette drôle d’équipe horticole : un banquier à la retraite, un surfeur SDF, une mère célibataire, une antiquaire, de jeunes enfants… sans oublier le très très beau Bob et Edward le séduisant jardinier en chef. Tous ont décidé pour des raisons différentes de participer à ce projet de jardin collaboratif, et on s’en doute, le but n’est pas seulement de planter de la lavande ou de regarder pousser des fraises. Si l’on va apprendre à connaître chacun des apprentis jardiniers, chacun trimbalant son lot de secrets et de surprises, on s’attache plus particulièrement aux pas de Liliane, qui rumine depuis des années sa culpabilité et ses remords suite à la disparition de son mari Dan, mort pratiquement sous ses yeux dans un stupide accident, mais s’efforce de sauver les apparences pour ses deux fillettes et entretient une relation particulière avec sa soeur, tout en s’imaginant – à tort, évidemment – être la seule à être en deuil. On sait déjà à quel point avoir les mains dans la terre peut être formidablement apaisant, on ignore encore que grâce aux vertus du terreau, Lili va s’accorder le droit d’aimer à nouveau.

J’ai passé un moment délicieux avec cette bande de jardiniers en herbe aux personnalités bien distinctes (même si j’ai trouvé que certains étaient un peu délaissés au profit d’autres), j’aurai adoré me joindre à eux moi aussi pour créer le jardin de mes rêves ! C’est un vrai roman feel good avec des tournures de phrases piquantes et vives qui m’ont provoqué quelques bons fous rires, aux courts chapitres entrecoupés de conseils très drôles pour faire pousser ses légumes (qui ont, attention, chacun leur petit caractère). On parle ici de deuil et de la difficulté à continuer à vivre après la perte, mais aussi d’entraide et de bienveillance ; bien sûr tout est métaphore jardinière, tout finira bien et le jardin va être luxuriant en un rien de temps, rassurons-nous, mais entre-temps on sera passé par une jolie palette d’émotions, et c’est déjà énorme.

Elle observe le monde, résignée, l’air de penser que nous sommes exactement comme sur la brochure : un peu décevants, mais il faut bien faire avec.

LES COEURS BRISES ONT LA MAIN VERTE, Abbi Waxman, Editions Belfond

L’élégance Irving Penn

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On connait surtout IRVING PENN pour ses photos de mode ou de stars, mais cette exposition qui se tient au Grand Palais jusqu’en janvier prochain démontre à quel point sa palette était bien plus large. Chaque photo en dépit de son apparente simplicité est en réalité travaillée tant au niveau du fond, de la posture, du cadre… et bien sûr de ce talent pour saisir une personnalité qui tente de se dérober, l’oeil aux aguets. Le résultat parait simple, épuré, alors que rien n’est laissé au hasard.

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Le parcours de l’exposition nous fait découvrir chronologiquement les travaux du photographe : premières natures mortes, séries pour le magazine Vogue, à Lima ou sur les petits métiers, portraits, nus… cigarettes, « frêles résidus d’un plaisir passager »… J’ai trouvé les portraits d’artistes forts et frappants.

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IRVING PENN au Grand Palais, Paris, jusqu’au 29 Janvier 2018.

 

 

Les jolies « Pop Carte » {Concours}

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Est-ce que ça ne fait pas plaisir de recevoir de jolies cartes dans sa boîte à lettres, surtout depuis que l’habitude se perd ? Dès que j’en reçois une, marrante, belle ou poétique, j’aime bien l’épingler sur ma porte d’entrée ou bien dans un porte-cartes dans ma cuisine, qui finit par constituer  un beau patchwork de couleurs et de vie qui évolue et me rappelle mes proches ou une jolie occasion. J’aime tellement ça que lorsqu’on a décidé de se marier, je me souviens avoir préparé une carte Save the Date, un faire-part, puis des cartes de remerciement avec grand plaisir.

Du coup lorsque Popcarte m’a proposé de tester ses services, je n’ai pas beaucoup hésité ! Rien que le slogan « Du Bonheur à la carte » est fait pour m’attirer. J’ai donc pu passer un certain temps (et un temps certain…) sur le site pour y trouver de quoi personnaliser nos voeux pour 2018. Et là, que de choix, c’est simple tu peux tout faire, tout changer, te laisser guider par un modèle préexistant ou l’inventer quasiment de A à Z, avec tes photos et tes mots à toi.

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J’ai testé quelques visuels qui m’ont tapé dans l’oeil, c’est très simple d’utilisation (comme je le disais, le plus difficile c’est de choisir !), le système et le suivi de commande sont très clairs et très rapides. A la réception, c’est toujours un bonheur de découvrir ce que tu n’as fait jusqu’à présent que visualiser sur un écran ! et je suis vraiment satisfaite du résultat et de la qualité.

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Et si tu testais à ton tour ? Popcarte me donne la possibilité de te faire gagner un crédit de 50 euros à utiliser sur tout le site, c’est pas le moment idéal, à quelques semaines des Fêtes ? Pour jouer tu me laisses simplement un commentaire ci-dessous, et je ferai un tirage au sort le lundi 11 Décembre.

❄ BONNE CHANCE ❄

 

EDIT  : le gagnant du bon d’achat est RIDOL, merci de me communiquer ton mail rapidement !

Me, Myself & Instagram

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J’aime toujours autant Instagram, le seul réseau où une photo vaut mieux qu’un long discours. C’est mon petit plaisir, à plusieurs moments de la journée, de checker mon fil. Je distribue des petits coeurs à foison, mais il faut dire aussi que je suis seulement abonnée aux comptes qui m’intéressent vraiment, je fuis les comptes à marques, ceux qui postent 50 photos par jour, des duckfaces ou des postérieursfaces, j’y trouve beaucoup d’idées de sorties, de lectures, de l’inspiration, bref, le presque idéal.

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Evidemment je sais que tout n’est pas non plus parfait, tiens au début quand je me suis inscrite je recevais plein d’abonnées russes à postérieur dévoilé, puis ça a été pour gagner des téléphones ou je ne sais plus quelle daube, mais ces temps-ci c’est plutôt la tendance mec célib avec plaquettes apparentes « slt çv ? » :

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Ma tête quand une copine m’a raconté que des instagrameurs achetaient des followers :

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J’ai converti mon p’tit mari il y a un bon moment déjà, c’est assez marrant d’ailleurs parce que son compte est tout épuré, en lignes claires et droites alors que dans la vie c’est un gros bordélique, en revanche puisque souvent on fait des sorties ensemble, on se retrouve logiquement à photographier les mêmes choses, et là le soir au moment de décider quoi poster comme photo, c’est le drame :

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Du coup maintenant, quand je repère de loin quelque chose digne d’être photographié et que chéri me suit de trop près :

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J’ai pas de fil directeur sur mon compte, mais j’aime bien prendre du recul parfois et m’apercevoir qu’il a pris les couleurs de la saison en cours, je n’aime pas par exemple quand il devient triste, allez hop il faut que je trouve de la couleur. Et quand je ne poste pas pendant quelques jours, c’est signe que mon humeur perso est à la morosité et que je n’arrive plus à trouver quoi que ce soit de joli… mais allez, c’est plutôt rare !

 

 

 

Illustrations : Giphy est mon ami.

« Mrs Hemingway », dans l’intimité d’un géant de la littérature

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Chaque fois qu’Ernest Hemingway est tombé amoureux de l’une de ses maîtresses, il l’a épousée. Il y eut dont plusieurs Mrs Hemingway : Hadley, Fife, Martha et Mary. A chacune d’elles correspond une partie importante de la vie de l’auteur, de Montparnasse à la Floride, de Cuba à l’Idaho, à chacune Naomi Wood consacre un chapitre.
Il est frappant de s’apercevoir que pour chaque histoire d’amour le scénario fut à peu près le même : la passion des débuts, les glorieux moments, la lassitude (pour lui en tout cas), l’irruption plus ou moins discrète de « l’autre », dont l’existence est presque toujours trahie par un écrit, un poème ou une lettre, l’épouse du moment presque contrainte au ménage à trois jusqu’à ce qu’elle craque et libère son époux… il ne s’était écoulé que 13 jours entre deux de ses mariages !

Mon Dieu, pense-t-elle, il a réussi : il m’a brisé le coeur.

C’est par ce biais original que l’auteure nous fait entrer dans l’intimité d’un monstre sacré qui fascinait et séduisait quiconque le rencontrait, et se bâtit sa propre légende d’écrivain, journaliste, correspondant de guerre libérateur du Ritz, chasseur, pêcheur… alors que son attitude envers les femmes, sa terreur de la solitude, sa conduite irresponsable nous donnent l’impression d’un grand enfant fragile dont Naomi Wood trace un portrait en creux subtilement douloureux. Quel courage, quelle patience, quel amour ont eu toutes ces femmes qui ont touché de près les fêlures du géant, entre dépression, alcoolisme, maladie… que l’auteur de « L’Adieu aux Armes », prix Nobel de Littérature, cachait au reste du monde, jusqu’à son suicide en 1961. Passionnant hommage rendu à ces épouses qui ont soutenu, supporté, inspiré.

Les livres sont comme les gens, ils sont bien meilleurs quand on ne les comprend pas tout à fait.

MRS HEMINGWAY, Naomi WOOD, Quai Voltaire / La Table Ronde

« Les Huit Montagnes », une bouffée d’oxygène

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Pietro et Bruno ont 11 ans ; l’un est un garçon de la ville dont le père est passionné de randonnée en montagne, l’autre est un jeune vacher. A la faveur d’un été à Grana, dans le Val d’Aoste, ils s’apprivoisent et deviennent inséparables, parcourant les montagnes environnantes et la nature sauvage. A 16 ans Pietro prend ses distance à la fois Bruno, son père, les montagnes, pour n’y revenir que 15 ans après.

Si l’enfance est une montagne à franchir, l’âge adulte en est une autre. Les vies de Bruno et de Pietro se superposent et se rejoignent parfois, avec cette puissance de l’amitié durable comme s’ils ne s’étaient jamais perdus de vue, comme une conversation que l’on aurait à peine interrompue, se concrétisant dans une maison que l’on construit de ses propres mains ou une ascension réussie.
C’est un texte beau, à la fois lumineux et sombre, simple et splendide comme peut l’être un paysage de montagne au lever du soleil dans toute sa pureté – oui c’est lyrique, mais ce roman donne envie de l’être, de retrouver le contact avec la nature, la vraie, celle qui vous accepte ou vous rejette, celle qui vous met en danger parfois ou vous offre un cocon loin de la multitude de la vie bruyante et brisante. C’est à la fois un hymne à la solitude et à l’amitié, une histoire de transmission et de filiation avec les torrents et les forêts comme toile d’horizon, d’une rare authenticité. Bref, on l’a compris, c’est non seulement un coup de coeur mais une grande bouffée d’oxygène.

 

J’avais l’impression de pouvoir saisir la vie de la montagne quand l’homme n’y était pas. Je ne la dérangeais pas, moi,  j’étais un invité bien accepté ; et je savais qu’en sa compagnie il était impossible que je me sente seul.

 

LES HUIT MONTAGNES, Paolo COGNETTI, Editions Stock