Le si joli Parc de Bagatelle

Je suis toujours très inquiète à l’idée de ne pas trop t’assommer à coups de photos à chaque fois que je prépare un article, mais lorsque j’ai un coup de coeur pour un lieu, c’est tellement difficile d’en sélectionner, je voudrais tellement que tu aies envie de le découvrir à ton tour !

C’est ce qui m’arrive avec le Parc de Bagatelle que je viens de visiter pour la première fois (alors que je n’habite pas si loin, honte sur moi !). Quelle merveille que ce lieu qui est bien plus vaste (24 hectares, tout de même) que je ne l’imaginais. Situé au coeur du bois de Boulogne, s’il est très connu pour sa magnifique roseraie (c’est le moment, cours-y vite !) il regorge de charmants recoins, autant d’endroits pour faire une pause, pique-niquer, admirer les fleurs… et profiter de la proximité de paons très à l’aise !

PARC DE BAGATELLE, route de Sèvres à Neuilly, Paris 16e – attention entrée payante du 1er avril au 30 septembre (2,50 euros, 1,5 réduit)

Lectures de Juin✽

« Ça passe trop vite une vie. Mieux vaut tourner les pages que de relire toujours les mêmes chapitres. »
En retournant dans la montagne de son enfance, Ana retrouve sa place, celle qu’elle avait perdue en tâchant d’exercer son métier d’écologue au mieux, jusqu’à commettre l’erreur qui provoque un effondrement personnel. Retour à la vie au rythme des saisons, à la simplicité et à une forme de liberté, à ses amis de toujours, à la paix du corps et de l’esprit. C’est une très jolie lecture qui invite à la réflexion (écologique mais pas seulement), une invitation à vivre en harmonie avec la nature… et avec soi.

Mon Coeur contre la Terre, Eric de Kermel, Eyrolles

Je me souviens bien de la série de Germain Huby, « Germain fait sa télé », il y a un peu plus de dix ans, à cette époque où le Zapping vivait encore ses beaux jours ; en détournant la bande son des émissions phares du moment, en jouant tour à tour tous les rôles, il mettait en évidence de façon hilarante l’absurdité et la nihilité de ce qui nous était proposé sur petit écran. 
Avec « Le Bruit des Mots », finalement l’artiste procède de même, utilisant des scènes a priori anodines, inoffensives voire même très quotidiennes (un immeuble, une séance de conseil municipal, une scène d’amour, une salle de cinéma, un débat…), les assortissant de dialogues plus ou moins longs et absolument surréalistes. C’est ce décalage entre des images douces voire poétiques et des mots parfois brutaux qui provoque une réaction : on trouvera ces situations drôles, cocasses, parfois même cruelles, en tout cas elles nous parlent forcément et en disent long sur un monde qui ne va pas très bien. En cela l’ouvrage est plus acide et pessimiste qu’un roman graphique de Fabcaro auquel on ne peut s’empêcher de le comparer.

Le Bruit des Mots, Germain Huby, Le Tripode

« On a le sentiment que la ville se vide, alors que personne ne va nulle part.« 
Une étrange épidémie débute sur le campus universitaire d’une petite ville de Californie : un à un, les étudiants s’endorment profondément et il devient impossible de les réveiller. Malgré l’isolement et la prise en charge rapide des malades par les autorités sanitaires, la contagion s’étend à l’ensemble de la ville, rapidement encerclée par un cordon sanitaire, enfermant les dernières personnes éveillées avec la population qui dort, et surtout qui rêve…
Quel point de départ ! Il n’y aura pas d’explication à l’évènement, prétexte comme dans tout récit catastrophe à suivre quelques personnages et la façon dont ils vont se révéler à eux-même, soit en se cachant, soit en cherchant à protéger leurs proches, ou encore à sauver et soigner. Deux petites soeurs qui se retrouvent livrées à elles-même, leur père persuadé que le monde est un danger mortel et qui voit toutes ses prédictions se réaliser, leur voisin, un jeune papa dépassé, Mei, une jeune étudiante timide poussée à se dépasser, ou encore un couple de personnes âgées…
S’il ne se passe rien de spectaculaire, le récit de la manière dont la panique s’étend insidieusement, provoquant d’abord peur, colère et incompréhension, puis lassitude, habitude et même ennui, est très habilement mené. Il faut dire que le sujet est troublant (les endormis sont là sans être là), pouvant être la métaphore de beaucoup de choses. Je regrette seulement que la fin soit si lapidaire, ni ouverte ni fermée sur des personnages dont on aimerait bien savoir ce qu’il advient par la suite, de même que pour le lien avec le contenu de certains rêves : passé, futur ? Mais rien que pour son étrangeté, le roman vaut vraiment la peine que l’on s’y arrête.

Des Rêves Infinis, Karen Thompson Walker, JC. Lattès

New York, la tête dans les nuages

En avril dernier, nous avons réalisé l’un de nos rêves : découvrir Big Apple ! C’est décidément l’année des premières fois 🙂 .

Le séjour a été bref et intense (surtout au niveau des pieds…), mais quelle sensation ! celle d’entrer dans un véritable décor de cinéma, tant on a l’impression de connaître la ville à travers les films. Sauf qu’en vrai, ça coupe le souffle. Imagine le nombre de photos que j’ai prises pour tenter (vainement) de garder ce vertige en boîte. Je ne fais jamais de guide de voyage sur ce blog, d’autres le font tellement bien, mais je te montrerai juste quelques images représentatives de ce que l’on a pu voir, comme ces immeubles dont même en te dévissant la tête tu n’arrives pas à voir le sommet, ces ponts mythiques (ceux de Brooklyn et de Manhattan au-dessus de l’East River), cette vue de dingue au sommet de Top of the Rock… C’est vraiment la ville qui grimpe à l’assaut du ciel !

Et ces escaliers de secours sur les façades des immeubles… mythiques !

A suivre…

Lectures de Mai ✽

Cette photo d’une jeune femme élégante, sa main gantée accrochée à son collier de perles, son rouge à lèvres et son tailleur, ne serait-ce l’incongruïté de ses bas descendus on pourrait croire au repos d’une belle endormie… Mais nous sommes le 1er mai 1947 à New York, Evelyn McHale vient de se jeter de la terrasse du 86e étage de l’Empire State Bulding, terminant sa chute sur le toit d’une limousine. Robert Wiles, un jeune photographe qui passait à proximité prend en photo le corps quelques minutes après, un cliché qui sera publié par le magazine Life et deviendra mythique.
Il y avait jadis à la télévision une émission (dont je ne me souviens plus du titre exact) qui racontait les coulisses des photographies les plus célèbres de l’histoire, expliquant l’avant-pendant-après et leur donnant ainsi un nouvel éclairage, souvent passionnant, sur ce qui se cachait derrière certaines images devenues iconiques. C’est ce même travail que fait Nadia Busato dans « Je ne ferai une bonne épouse pour personne », titre tiré du mot d’adieu d’Evelyn. En lui consacrant un récit certes un peu romancé puisqu’elle reconstitue sa courte existence à partir du peu que l’on sait et en imaginant les réactions de son entourage, elle lui rend un nom et une existence, là où ne restait qu’un cliché funèbre et néanmoins fascinant. 
Tour à tour elle donne la parole aux proches d’Evelyn : Helen, la mère, Juliana, une collègue de l’armée, sa soeur, son fiancé… mais aussi le policier qui dut s’occuper de son corps, le photographe, un suicidé acculé par la crise de 29 ou encore une rescapée du même saut. Et surtout, pour finir elle rend sa voix à Evelyn dans un ultime chapitre bouleversant. En dessinant le portrait d’une jeune femme fragile, sujette à des crises, elle cherche à comprendre les raisons de son acte, éprouvant et provoquant chez le lecteur une profonde empathie pour la solitude inguérissable de la jeune femme. Dès lors, Evelyn n’est plus seulement la photo d’un cadavre parue dans les pages glacées d’un magazine, mais bel et bien une jeune femme sortie de l’ombre. 

JE NE FERAI UNE BONNE EPOUSE POUR PERSONNE, Nadia Busato, La Table Ronde ✽

Raina est une jeune femme d’origine indienne qui travaille beaucoup et se trouve être encore célibataire à 29 ans, au grand désespoir de sa grand-mère adorée, Nani, qui l’a élevée et décide de prendre les choses en main. Pour faire plaisir à celle à qui elle doit tant, Raina accepte des rendez-vous arrangés suivant une liste de prétendants établie par Nani. Impossible qu’elle n’y trouve pas l’homme parfait ! Sauf que Raina est toujours amoureuse de Dev, son ex petit-ami londonien, et que celui-ci est de retour…
Il n’y a pas que Raina qui soit écartelée entre culture occidentale et tradition orientale, modernité et poids de la famille obnubilée par le qu’en-dira-t-on : tous les jeunes gens autour d’elle sont concernés, que ce soit Shey qui s’apprête à se marier en grand apparat pour plaire à sa belle-famille, ou le très jeune Depesh qui souffre en silence de sa différence. 
C’est un roman qui sous couvert de légèreté en dit beaucoup sur la tolérance, d’un côté comme de l’autre, dans lequel tout n’est pas soit tout mauvais soit tout bon. Le personnage de la grand-mère est en cela fantastique : certes elle est très préoccupée par le respect des traditions, et sans doute a-t-elle commis de grandes erreurs dans l’éducation de Raina, mais elle s’efforce d’évoluer, de comprendre et d’accepter les changements du monde, contrairement à bon nombre de membres de la famille. Tandis que Raina, par crainte d’être aussi décevante que le fut sa mère, se retrouve enfermée dans des mensonges inextricables, car il est difficile voire même impossible de trouver la voie qui est la sienne en s’efforçant de satisfaire chacun et de ne blesser personne. Bref, un roman plein de charme mais pas seulement.

LA LISTE DES PRETENDANTS, Sonya Lalli, Eyrolles ✽

Baptiste, écrivain, vient d’être quitté par sa femme, son dernier bouquin ne marche pas très fort, sa mère est obnubilée par un divorce pourtant déjà ancien.
Le voici fort désoeuvré et uniquement intéressé par le classement des ventes sur Amazon jusqu’à ce que sa voisine, madame Halberstadt, sonne à sa porte : est-ce que ça le dérangerait de s’occuper de son chien Croquette pendant qu’elle est hospitalisée ? Impossible de refuser évidemment, et voici Baptiste contraint de s’accommoder bon gré mal gré de ce nouveau compagnon. Et voilà que tout à coup, tout semble marcher comme sur des roulettes, et le voilà qui se remet à voir le côté positif des choses… On sait déjà à quel point les animaux font du bien aux humains, ne serait-ce que pour contraindre notre héros à sortir de son isolement, mais plus encore, il se pourrait bien que Croquette soit un porte-bonheur à quatre pattes. De quoi attirer quelques envieux…
C’est rocambolesque, fantaisiste et drôle mais pas seulement, comment arriver à trouver du positif à l’existence lorsqu’on est à ce point désenchanté ? le basculement est si simple et rapide d’un côté à l’autre. Il y a également de belles pages sur le métier d’écrivain et sur sa mission sacrée : que le lecteur retrouve sa confiance et sa foi en l’humanité. « Mais comment écrire ce qu’on n’éprouve pas ? » Vaste programme !

LE CHIEN DE MADAME HALBERSTADT, Stéphane Carlier, le Tripode ✽

A Profusion

J’ai beaucoup de choses à te raconter (#bébéauteure) et à te montrer, mais en attendant de trier mes photos et mes idées, un petit shoot de couleurs c’est pas mal, non ?

De jolies plates-bandes de pavots au Jardin des Plantes de Paris, de quoi donner envie de se rouler dedans !

Coup de ♥ : « Le Bruissement des Feuilles », Karen Viggers

La Tasmanie, au sud de l’Australie. Miki, 17 ans, a perdu ses parents dans un incendie, et depuis elle vit seule avec son frère Kurt qui la tient recluse. Ensemble ils tiennent un petit restaurant où se croisent souvent les mêmes personnes ; dans cette petite ville encerclée par les forêts d’eucalyptus, tout le monde se connait et la plupart des habitants sont des bûcherons. C’est pour cela que l’arrivée de Léon, le nouveau garde-forestier, est vue d’un sale oeil… Léon (qui apparait dans La Mémoire des Embruns) est venu commencer une nouvelle vie en Tasmanie, et il va en découvrir progressivement la faune, animale et humaine.

J’ai appris et noté plein de nouveaux termes au fil de ma lecture : j’ai cherché par exemple à quoi pouvaient bien ressembler les diables de Tasmanie, les dasyures, et ce qu’était le footy, sport local de haute importance. C’est la nature qui tient ici la place la plus importante, une nature en danger, que ce soient les diables affaiblis par la maladie ou les arbres millénaires menacés par la déforestation.

Mais c’est surtout un fantastique roman sur la liberté, celle des hommes, des animaux et des arbres, alors qu’il s’agit de les tenir enfermés pour les protéger ou même les soigner. Ainsi Kurt, obéissant aux lois sectaires familiales, tient-il sa soeur à l’écart du monde pour la protéger des tentations, les diables doivent être attrapés pour ne pas contaminer leurs semblables, même les arbres doivent être cloîtrés pour être protégés des hommes, des bûcherons et des touristes. On y parle également d’espoir, de résiliation et de guérison, fut-ce entre les pattes d’un chien (fantastique Rosie) ou par le pouvoir de la nature. Encore une fois j’ai vraiment aimé les descriptions de paysages, avec une telle puissance d’évocation que l’on s’y croirait, à lever la tête vers les frondaisons ou à humer l’odeur d’humus des sous-bois. Un superbe moment de lecture qui nous fait voyager loin et donne des envies d’ailleurs.

Le paysage comptait plusieurs strates. Comme les gens. Les arbres. Chaque élément complétait les autres et chaque élément était différent. Elle aimait la façon dont tout cela s’imbriquait pour former un tout. Un paysage. Un pays. Un monde. Tout était là.

LE BRUISSEMENT DES FEUILLES, Karen Viggers, Les Escales

Le Viaduc des Fauvettes

C’est toujours étonnant et agréable de découvrir des lieux inédits et vraiment beaux pas très loin de chez soi. Je passe beaucoup de temps à fouiner dans des guides, sur des sites ou même Instagram pour trouver des buts de balades – et surtout qui soient susceptibles d’intéresser un minimum ma bande de garçons ! Cette fois la virée pascale nous a emmené sur les hauteurs de Gometz-le-Châtel (91) et Bures sur Yvette, entre forêts et prairies.

Le VIADUC DES FAUVETTES est un ancien pont ferroviaire, rénové en 2004, qui offre une vue magnifique sur la vallée et sert surtout de point d’entraînement aux escaladeurs et autres grimpeurs, assez impressionnants à observer.

Je pense vraiment y retourner, ne serait-ce que pour le grand calme qui y règne et le chant des oiseaux !