Le Nouveau Nom, deuxième épisode de la saga d’Elena Ferrante

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« Le Nouveau Nom« , c’est celui que porte à présent Lila, mariée à Stefano alors qu’elle n’a que 16 ans, tandis que son amie Elena, éprise de Nino, s’efforce de poursuivre ses études.
Nous retrouvons dans ce deuxième tome cette relation ambivalente qui unit Lila et Elena/Lenú depuis l’enfance, amitié fragile et instable tendant à la rivalité, à la limite de l’incompréhensible : pourquoi rester ensemble si c’est pour se traiter aussi mal ? Lila en particulier est en dépit (ou à cause) des coups que lui assène la vie d’une morgue insupportable et d’une cruauté inouie envers son amie, tandis que Lenú persiste à se sous-estimer et à rester la fille de l’ombre. Alors que les jeunes femmes prennent des chemins différents sans jamais complètement couper les liens, vivant parfois leur vie par procuration, l’une partant étudier à Pise et l’autre semant le chaos dans les commerces du clan Solara, elles se retrouveront au bord de la mer l’espace d’un été qui sera décisif pour chacune.
Elena Ferrante continue à nous dépeindre une face guère reluisante de Naples, entre cris et violence, réglements de comptes familiaux, commerciaux ou conjuguaux, la folie qui guette au coin de la rue. Alors que je ne pensais pas être à nouveau happée comme pour le premier tome de « L’Amie Prodigieuse », la fascination a opéré de nouveau et les pages se sont tournées à toute vitesse, et il me tarde évidemment de découvrir la suite.

Était-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de manière inéluctable ?

Le Nouveau Nom, Elena FERRANTE, Folio

 Merci à Lecteurs.com et à Folio pour ces retrouvailles avec Elena & Lila 

Rehab 2 à la Cité Universitaire de Paris {Street Art}

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Et hop, retour en douceur sur le chemin du blog. Pas faute d’avoir des choses à raconter ou à montrer, bien au contraire même, mais que faire contre ce temps qui passe, passe, passe… (bruit de l’écho). Un exemple : il aurait été plus judicieux de te parler de l’exposition de Street Art Rehab 2 (deuxième opération organisée par le collectif Bitume Street Art) avant que ce ne soit fini, pas vrai ? à ma décharge je n’ai visité l’endroit que deux jours avant la fin de l’évènement, mais impossible de ne pas t’en montrer un bout tellement c’était extra ! L’idée : confier un bâtiment entier (6 étages, 12 000 m2 !) à une centaine d’artistes. Ça se passait à la Cité Intenationale de Paris, au sein d’un beau parc que je ne connaissais pas encore.

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Collages, fresques, pochoirs, installations… rien n’a échappé à la créativité, des poignées de portes aux plafonds en passant par les ascenseurs ou les installations électriques.

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L’imagination au pouvoir sur un immeuble entier, un truc de fou ! Je suis vraiment fan, surtout de cette tendance à consacrer, au moins temporairement, des endroits désaffectés au street art. A noter que jusqu’à fin décembre par exemple tu peux profiter de l’Aérosol, nouvel espace dédié à l’art urbain où chacun peut venir s’exprimer sur les murs et où une partie « musée » doit ouvrir fin août (54 rue de l’Evangile, Paris 18e).

Station Eleven, Emily St. John Mandel

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Je me découvre un certain goût (inquétant ?) pour les romans post-apocalyptiques, où l’humanité – ou ce qu’il en reste – est contrainte de revenir à son point de départ et de s’adapter pour survivre – la nature qui prend sa revanche en quelque sorte. J’avais ainsi énormément aimé Vongozero de Yana Vagner,  et je viens de passer un excellent moment de lecture avec Station Eleven d’Emily St. John Mandel.

Ce qui le distingue des autres romans dystopiques, c’est l’omniprésence de l’art. L’ouvrage s’ouvre sur une pièce de théâtre au cours de laquelle Arthur Leander, un célèbre acteur, s’écroule sur scène. Comme un point de départ, dès le lendemain, une pandémie de grippe s’est propagée dans le monde et décime la population à une vitesse fulgurante. Des décennies plus tard, une troupe d’acteurs et de musiciens, la Symphonie Itinérante, joue du Shakespeare ou du Beethoven dans toutes les villes qu’elle traverse, s’efforçant de faire subsister l’art, considérant que « survivre ne suffit pas » – même si face à la menace de quelques illuminés sectaires, les armes restent nécessaires.
Peu à peu, l’auteur tisse des liens entre les personnages grâce à des réminiscences d’avant la pandémie, entre ceux qui ont connu le monde d’avant et ceux qui l’ont oublié ou jamais connu, ceux qui ont, aussi, un lien plus ou moins ténu avec notre acteur du début. Les portables et autres consoles de jeux ne sont plus vouées qu’à être rangés dans des musées ! Qu’est-ce qui subsisterait après tout de notre confort si fragile, si demain tout s’arrêtait ? Qui survivrait, d’internet ou de Shakespeare ? Un point de vue audacieux – et plausible ! –  qui donne envie d’une suite…

L’enfer, c’est l’absence de ceux qu’on voudrait tant avoir auprès de soi.

 

STATION ELEVEN, Emily St. John Mandel, Rivages  

L’Orangerie du Château de Versailles

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En contrebas du Château de Versailles (où ils sont protégés du vent), orangers du Portugal, d’Espagne ou d’Italie rassemblés par Louis XIV sont conservés à intérieur d’un bâtiment – conçu par Mansart vers 1684 – l’hiver et déployés sur le parterre aux beaux jours. En tout plus de 1200 arbustes, orangers, palmiers, lauriers, grenadiers en caisses selon une symétrie harmonieuse qui coupe le souffle.

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Tu le sens, le parfum de la fleur d’oranger ?

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L’Orangerie est accessible depuis les Jardins du Château, accès gratuit sauf les Jours de Grandes Eaux.

{Coup de ♥} La Femme qui fuit

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Le roman commence comme il finit : par une rencontre avec Suzanne, la grand-mère de l’auteure. Celle-ci décrète d’emblée qu’elle ne l’aime pas parce qu’elle a fait du mal à sa mère, irrémédiablement. Alors elle raconte, en remontant le fil du temps et des évènements : Suzanne Meloche est née en 1926 au Canada. Elle rêvait de liberté, d’une liberté totale, pour aimer, pour créer, pour exister, pour être tout sauf une femme ordinaire. Alors, un jour de 1952 elle choisit de poursuivre sa voie en abandonnant ses deux enfants, Mousse, 3 ans, et Antoine, 1 an.

Tu as fait un trou dans ma mère et c’est moi qui le comblerai.

Cette histoire m’a brisé le coeur, elle est d’une cruauté inouïe. Toute leur vie, les enfants de Suzanne chercheront leur mère d’une certaine manière, à la revoir, à essayer de recoller ce qu’elle a brisé, se heurtant à un silence et une volonté d’oubli. Car une fois qu’elle a choisi, qu’elle s’est choisie, Suzanne s’est interdit tout retour en arrière, malgré de fréquents retours d’élan maternel. Une famille explosée pour quoi ? quelques poèmes, des actions militantes, quelques amants, beaucoup de voyages, une fuite en avant permanente. L’auteure réinvente sa vie sans la juger mais sans cacher non plus le mal qui a été fait, le prix à payer pour ce désir fou d’affranchissement.

La forme du récit n’est pas ordinaire non plus, cette construction en brefs chapitres entrecoupés de citations. Au beau milieu du livre, cette photo d’une famille au temps où elle en était encore une, qui noue les tripes. Et cette langue déchirante et sublime, jugez plutôt :

Ma mère, fêlée du coeur. La permanence des éclats de verre laissés sous sa peau, traces d’abandon qu’elle porte en blason.

LA FEMME QUI FUIT, Anaïs Barbeau-Lavalette, Le Livre de Poche 

Découvrir Barcelone {3}

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Comment parler de Barcelone sans parler de Gaudí ? A commencer par l’emblématique, la fameuse Sagrada Familia, son ouvrage le plus célèbre (pas celui que je préfère, mais impossible de passer à côté). De 1883 à sa mort, l’architecte s’est consacré entièrement à l’ouvrage qui n’est toujours pas achevé et qui le sera peut-être dans… 80 ans ! Un côté chantier titanesque qui laisse sans voix.

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Première impression : Ouah la vache. Un bon résumé. Honnêtement on ne peut qu’être fasciné en approchant de la Basilique. L’extérieur, avec son aspect de grotte, est étonnamment aussi brut (c’est juste une impression), que l’intérieur est délicat.

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A l’intérieur, c’est une déferlante de vitraux colorés et de colonnes pas droites mais étrangement harmonieuses qui font songer à une forêt. Tu lèves la tête, tu as le vertige. Un rayon de lumière passe et tu as l’impression que les vitraux dégoulinent de lumière (et tu cavales pour essayer de la capturer). C’est très étrange et à voir absolument.

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Ça va sans dire,  pour visiter l’intérieur il vaut mieux réserver très en avance par ICI.

 

Plus sur Barcelone ?

Twelve

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J’ai. un. fils. de. 12. ans.

Un. fils. de. 12. ans.

12. ans.

12.

Moi qui n’arrive toujours pas à me faire au monde adulte, j’ai un fils COLLÉGIEN. Un ADO. Un GRAND.

Un ado très fier de grandir et qui va bientôt nous dépasser en tout. Un grand fâché avec l’école et pour qui les copains comptent plus que tout. Un grand qui pourrait fournir l’énergie à une éolienne pendant une année entière à force de pousser des soupirs exaspérés. Un grand flatté et ulcéré de se voir coller par un petit frère en admiration. Un grand qui depuis qu’il est entré au collège a pris l’assurance qui lui a tant manqué dans son enfance. Un grand qui tire, tire, tire le fil qui nous relie avec l’intention claire de se détacher, mais finalement il en a toujours été ainsi avec ce petit gars qui courait au lieu de marcher, criait au lieu de parler, me repoussait de toutes ses forces pour que je le laisse grandir. Un grand qui dessine comme un fou mais ne veut pas le montrer, me désespère en ne jurant que par les youtubeurs et les joueurs de Minecraft, ne veut même pas entendre prononcer les mots « fille » ou « amoureuse », veut toujours devenir Luc Besson, sait exactement comment me faire rire et comment me faire enrager, et surtout comment m’attendrir en prononçant à sa façon inimitable « Maman » à la façon du petit garçon qu’il est – et qu’il restera toujours un petit peu, je l’espère.

 

HAPPY BIRTHDAY MON BÉBÉ CŒUR