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Ça couvait depuis des mois : tiens, j’irai bien chez le coiffeur, hummm il ne faudrait pas que je tardasse à aller chez le coiffeur, oh purée il faut vraiment que j’aille chez le coiffeur, bon ok je prends rendez-vous chez le coiffeur. Explication : depuis toujours j’ai les cheveux longs, ni raides ni bouclés, en fait ils appartiennent à une catégorie capillaire non répertoriée, en gros ils mènent une vie indépendante. Ceci pour dire que je devrais être comme ça :

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Alors que je ressemble plutôt à ça…

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Du coup je me dis (pauvre naïve) : le coiffeur connait son métier, il va m’arranger ça, non ? il vend du rêve, en principe, quand tu sors de là tu dois te sentir changée, légère, heureuse, rafraîchie…

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Alors pourquoi moi ça me fait plutôt cet effet-là ?

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En même temps je n’aurais peut-être pas dû dire : « coupez tout ce qui est abimé ! »

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Et attends, LE PIRE c’est que je dis Merci à la coiffeuse, toute contente d’elle, « ah bah ça va leur faire du bien », alors que toi tu sais parfaitement que lorsque ça va sécher, tu vas devenir le sosie officiel de Dora l’exploratrice – version quadra.

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« Ça vous plait ? » – Moi :

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Alors qu’intérieurement ça bouillonne :

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La réaction de mon p’tit mari ne s’est pas fait attendre…

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Ni des enfants…

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Bilan : j’attache ce qui me reste de tifs au maximum pour éviter qu’on me confonde avec Chantal Goya, et puis ça a des avantages, j’économise le shampoing…

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Et puis ça va repousser… hein ? hein oui ?

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Meuuuuuh oui !

Balade dans les « Jardins » du Grand Palais

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Les jardins inspirent de tous temps, en tant qu’espace de nature à la fois changeant et maitrisé. Le Grand Palais propose jusqu’à fin juilllet une exposition telle une promenade dans un thème traité sous forme de peintures, sculptures, photographies, dessins, films… en tout six siècles de création et de représentation – puisque le jardin par essence vivant n’est pas censé se trouver enfermé dans un musée.

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« Un jardin, à mes yeux, est un vaste tableau.

Soyez peintre. »

Jacques Delille.

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Une idée d’exposition idéale pour entrer de plein pied dans le printemps ! Pourtant, je ne l’ai pas trouvée très cohérente : pourquoi cette oeuvre-ci et pas une autre ? pourquoi celles-ci réunies dans cette salle ? peu d’explications, une salle entière consacrée à un photographe dont je n’ai rien retenu du travail et pas compris sa large présence. C’est toujours un plaisir néanmoins de revoir quelques beaux classiques, cela dit pour un exemplaire des Nymphéas ou un Matisse tu peux aussi aller trouver ton bonheur dans d’autres musées.

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Et à la fin de la visite, je ne saurai trop conseiller de simplement traverser la rue pour aller respirer dans le jardin du Petit Palais et son bel écrin de verdure (entrée libre).

 

EXPOSITION JARDINS au Grand Palais, jusqu’au 24 juillet 

Entre Ciel et Lou, une bonne bouffée d’air iodé

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Ce n’est que lorsque quelqu’un disparaît qu’on se rend compte à quel point il était le lien entre les membres d’une famille, le tronc de l’arbre, le roc qui tenait la falaise. Lou, épouse, mère et grand-mère, est partie, bien trop tôt, laissant derrière elle un mari perdu et de grands enfants démunis. Pourtant, elle a pris soin de laisser à son mari une bien délicate mission : s’assurer du bonheur des uns et des autres. Pas si simple, entre Cyrian qui hésite entre deux femmes, et Sarah qui depuis qu’elle est touchée par un handicap refuse de se fixer. Et puis il y a Pomme, et il y a Charlotte, ces deux petites-filles si différentes, celle de l’Ile et celle du continent, qui ne se connaissent qu’à peine.

Il y a une tendresse folle dans chaque ligne de cette histoire d’une famille éparpillée qui ne se parle plus mais est réunie par le doux souvenir de Lou, Lou qui était drôle, qui était une épouvantable cuisinière, qui faisait de la vie une fête. Jo se reposait entièrement sur elle et s’est conduit toute sa vie en père absent, alors ce n’est pas maintenant, se dit-il, qu’il va pouvoir interférer dans la vie de ses enfants devenus adultes – à noter l’ironie : c’est pourtant un expert du coeur puisqu’il était cardiologue.

On pourrait se dire que tout cela va tourner de façon un peu trop prévisible et idéale, qu’à la fin tout le monde va s’aimer dans la maison du bonheur, que lorsque Sarah va tomber sur l’homme parfait pour elle ça va littéralement ressembler à un film de cinéma, que les petites filles parlent d’une façon un peu trop adulte pour leur âge, qu’Albane qui cherche à accaparer Cyrian est tout de même un peu caricaturale, que l’abus de sucre risque d’être fatal au roman… mais on parlera plutôt d’une bonne bouffée d’air frais, ou plutôt d’air iodé, c’est vivifiant comme une bonne balade sur une plage bretonne et apaisant comme une crêpe au caramel salé. En refermant le livre on n’a plus qu’une envie : prendre le prochain bateau pour l’île de Groix.

Je vacille sous le choc. Les enfants ciblent au coeur.

ENTRE CIEL ET LOU, Lorraine FOUCHET, Le Livre de Poche 

Big Little Lies, des femmes complexes

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Côte ouest des Etats Unis. Cinq femmes très différentes mais avec un tempérament bien particulier, cinq mères font connaissance le jour de la rentrée des classes qui démarre sur un incident impliquant des enfants, donnant le ton à tout ce qui va suivre. Des amitiés se nouent, des secrets se dévoilent, des personnalités se révèlent – on sait en tout cas dès les premières images sur quoi ça finira – un drame.

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A l’exception de Jane qui semble fuir quelqu’un ou quelque chose et espère commencer avec son petit garçon une nouvelle vie dans cette riche bourgade, ces desperate mothers sont pleines aux as et habitent des maisons spectaculaires en bord de la mer, d’ailleurs l’une de leurs occupations préférées semble bien d’admirer le lever ou le coucher de soleil avec une tasse de café, les pauvres. Bien sûr leur vie n’est pas si dorée, et au fil des épisodes se dévoilent difficultés et drames. Adultère, trahison, séparation, violence conjugale…
Ce pourrait être classique, mais ces femmes ne le sont pas, et à la moindre faille elles se fissurent violemment. Une mère hystérique veut aller en justice parce que sa fille est malmenée en classe, une autre s’acharne à monter une pièce scandaleuse, celle-ci a une relation bien trop passionnelle avec son mari,  une enfin n’arrive pas à surmonter un lourd secret… et entre elles elles s’allient, se haïssent, se poursuivent, s’agressent, se réconfortent, et finiront liées quoi qu’il en soit.

La réalisation de Jean-Marc Vallée (C.RA.Z.Y., Dallas Buyers Club) est à tomber, cette lumière de la côte californienne est sublime, le montage parfait jusque dans les détails (les premiers épisodes s’ouvrent à la façon d’un lever de rideau), ses actrices sont époustouflantes : me voilà réconciliée avec Nicole Kidman que je croyais perdue à jamais, il me reste juste un souci avec le jeu (excessif comme toujours, mais là c’est le trait de caractère principal de son personnage) de Laura Dern – à noter d’ailleurs que dans Nos Etoiles Contraires elle joue la mère de Shaylene Woodley, qu’ici elle passe son temps à persécuter. Celle-ci a ma préférence, son personnage de fille un peu paumée et cynique au milieu d’un vivier de mères parfaites (en apparence) me parle vraiment beaucoup.

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Certaines scènes coupent le souffle, la musique est tout bonnement parfaite et j’ai grand plaisir à la réécouter. Un bémol, de taille puisque par définition il est récurrent : le générique, avec incrustation de corps et de poiscaille qui finit par un défilé d’actrices face caméra kitschissime !

Je n’ai pas lu le livre de Liane Moriarty (Petits Secrets, Grands Mensonges) dont la série est adaptée, je vais attendre un peu mais je le lirai à coup sûr, parce que j’ai le sentiment que tout n’a pas été dit, au vu des indices et des pistes distillés au long des épisodes, et puis dans le fond je n’ai pas envie de quitter immmédiatement Madeline, Jane et Céleste, Bonnie et Renata.

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 BIG LITTLE LIES, une mini-série (7 épisodes ) de David E.Kelley avec Reese Witherspoon, Nicole Kidman… 

Les Cahiers d’Esther, Tome 2

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Riad Sattouf a entrepris, en s’inspirant des histoires d’une petite fille de son entourage, de raconter le quotidien d’Esther de ses 10 ans jusqu’à ses 18 ans, à raison d’une histoire par semaine, et voici donc le deuxième tome. Esther a maintenant 11 ans et est en CM2, a envie d’avoir un portable, aime bien Chica Vampiro, trouve son petit frère trop mignon et le grand trop énervant, ne comprend rien aux garçons mais en aime plusieurs de loin… Ce sont aussi la préparation au collège, la mort, la vie, l’acné… et les attentats.

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On le sait déjà grâce à sa série « L’Arabe du Futur« , Riad Sattouf est très doué pour se mettre dans la tête des enfants, sans chichi mais avec ce premier degré propre aux enfants qui leur donne un regard unique sur la vie et leurs proches, parfois très drôle, souvent très sensé. Ce pourrait être un documentaire sur la pré-adolescence, ce monde mystérieux, même si pour avoir à la maison un garçon de… 11 ans, j’ai l’impression qu’Esther grandit dans un milieu très protégé – mais on le sait bien, il faudrait mettre ses enfants sous bulle pour les empêcher aujourd’hui d’accéder à ce qu’on ne souhaite pas.

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Finalement, on se rend compte que lorsqu’on gratte sous les Wesh et les vas-y, bref tout ce vocabulaire trop classe, les petites filles auront toujours des préoccupations de petite fille et les grandes rêveuses seront toujours de grandes rêveuses, entre deux chansons de Balavoine et la vie telle qu’elle est, cruelle et joyeuse dont on parvient plus ou moins à les préserver. Esther reste une petite fille philosophe et raisonnable, lucide et poète… qu’en sera-t-il l’année prochaine ?

Les Cahiers d’Esther, Histoires de mes 11 ans, Riad SATTOUF, Allary Editions

 

Un grand Merci à Lecteurs.com et et Allary Editions !

Rose Pompon

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Chaque année je ne peux résister à cette déferlante de rose qui s’étend sur le bosquet des cerisiers du Parc de Sceaux. Attendues fébrilement, tantôt tardives tantôt précoces, difficile de prévoir quel jour les fleurs seront à leur point culminant. En tout cas, mercredi dernier, elles étaient déjà à un stade bien avancé puisque les pétales commencaient à tomber en pluie de confettis et les feuilles à apparaître, les fleurs formant d’énormes bouquets de mariée dans lesquels on a envie de se perdre. Attention,  avalanche de pompons !

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{Coup de ♥ } Une Mère

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Ce 31 décembre à Barcelone, Amalia est heureuse : ce soir seront réunis ses deux filles, Silvia et Olga, son fils Fernando (le narrateur), l’oncle Eduardo et Olga, la compagne d’Emma. Bien évidemment, entre annonces, révélations, rires et larmes, rien ne va se passer comme prévu.

J’ai commencé « Une Mère » en éclatant de rire et je l’ai fini en larmes. Un énorme coup de coeur, donc, pour cette famille loufoque et surtout pour cette mère surréaliste, avec sa face A et sa face B. La spécialité de sa famille est de rire pour ne pas pleurer même dans les situations dramatiques : un amant qui s’en va, une séparation, une perte d’emploi, un deuil…

Si chacun des membres de la famille a une trajectoire différente, tous ont en commun d’être partis sur une mauvaise base, la blessure laissée par un monstre de père, égoïste et cruel. Chacun ensuite s’est lancé dans la vie avec plus ou moins de bonheur et avec ses propres défenses, ainsi Sylvia est-elle devenue tranchante et obsédée par la propreté, Eduardo cumule-t-il les aventures, Emma se perd dans le souvenir d’un amour disparu. Les absents ne sont pas là mais prennent toute la place – littéralement, puisque même eux ont leur couvert à la table du réveillon d’Amalia.

Amalia, justement, ce personnage complètement fou, lunaire, distrait, avec une fâcheuse propension à tout casser… mais qui ne va pas finir de surprendre ses enfants et le lecteur. Ainsi, en l’espace d’une nuit, ce n’est pas une nouvelle année qui va commencer mais pour chacun une nouvelle vie sous une lumière différente, le premier jour du reste de leur vie.

L’histoire ne serait pas si marquante sans le style extraordinaire de l’écriture qui ressemble à son personnage maternel : la moitié du temps si drôle, l’autre si émouvante. Bravo à la traduction d’avoir si formidablement rendu toutes les facettes des émotions.

Oui, ça fait mal. Commencer à vivre sa vie d’adulte, ça fait mal, mais ça fait encore plus mal de ne pas le faire.

 
Une Mère, Alejandro PALOMAS , Le Cherche-Midi Editeur