{Expo} La Collection BIC, quand le stylo bille inspire

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J’aime beaucoup le 104 à Paris, c’est vraiment un endroit qui grouille de créativité, tu peux y croiser des jeunes artistes en pleine répétition, y assister à des concerts ou visiter des expos étrangement particulières. Celle qui se tient jusqu’au 13 me semblait a priori un peu gadgeto-anecdotique, mais j’ai changé d’avis au fil de ma visite, et si tu en as l’occasion n’hésite pas à y jeter un oeil (enfin, très rapidement puisqu’elle se termine fin mai).

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Le stylo BIC existe depuis les années 50 et sa facilité d’utilisation en a vite fait un indispensable, y compris pour les artistes pour exécuter rapidement des esquisses ou carrément des oeuvres à part entière.

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L’exposition montre en partie des détournements de l’objet pratique : stylo, rasoir, briquet… mais aussi des oeuvres à part entières assez épatantes usant et abusant des encres et de l’emblématique stylo quatre couleurs. On y croisera même des artistes historiques (César, Giacometti, Fernand Léger, Magritte…).

20180504_14174220180504_141938(Oui, ceci est un dessin fait au Bic…)

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Alliance de la matière noble (verre de Murano) et plus banale (encre de Bic) pour symboliser ces « rats qui ch…t  » selon Jan Fabre !

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Je recommande de ne pas hésiter à demander des explications aux jeunes guides du 104, qui apportent un éclairage passionnant sur chaque oeuvre.

 

LA COLLECTION BIC, 104 (5 rue Curial, 19e), accès libre, prolongée jusqu’au 27 mai.

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« Détournement », et au milieu coule la Seine

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Au sein de la Conciergerie à Paris, on peut aller voir jusqu’au 31 août une installation monumentale imaginée par Stéphane Thidet qui a entrepris de détourner… la Seine (!) pour la faire pénétrer dans le bâtiment tout proche, déambuler parmi ses colonnes avant d’en ressortir.

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Le dispositif est impressionnant, vue la complexité du défi technique : l’eau est puisée dans le fleuve et passe au-dessus du quai, entre par les anciennes cuisines, tombe en cascade dans la salle des Gens d’Armes avant de serpenter tranquillement dans la salle dans une structure en bois brut, faisant songer à ces gouttières de bambou charriant des ruisselets d’eau rafraichissante.

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Comme un rappel de la crue du siècle de 1910, l’eau fait son retour mais d’une manière apaisée et apaisante, avec des reflets miroitant sur les pierres médiévales mises en valeur par la pénombre et l’atmosphère de la salle. C’est vraiment à voir !

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DETOURNEMENT, une installation de Stéphane THIDET, jusqu’au 31 août

Miniartextil

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Jusqu’à la semaine dernière le Beffroi de Montrouge (92) accueillait pour une 14e édition une sélection d’artistes autour des oeuvres d’art textile, sous le thème « borderline ». Une jolie occasion d’explorer les limites et les frontières… de l’imagination !

En plus de multiples oeuvres à la minutie impressionnante, l’oeuvre majeure en était cette forêt de nombres imaginée par Emmanuelle Moureaux, pluie mathématique aux couleurs changeantes.

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Cette manifestation annuelle est vraiment une jolie découverte que je tâcherai de ne plus manquer !

L’élégance Irving Penn

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On connait surtout IRVING PENN pour ses photos de mode ou de stars, mais cette exposition qui se tient au Grand Palais jusqu’en janvier prochain démontre à quel point sa palette était bien plus large. Chaque photo en dépit de son apparente simplicité est en réalité travaillée tant au niveau du fond, de la posture, du cadre… et bien sûr de ce talent pour saisir une personnalité qui tente de se dérober, l’oeil aux aguets. Le résultat parait simple, épuré, alors que rien n’est laissé au hasard.

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Le parcours de l’exposition nous fait découvrir chronologiquement les travaux du photographe : premières natures mortes, séries pour le magazine Vogue, à Lima ou sur les petits métiers, portraits, nus… cigarettes, « frêles résidus d’un plaisir passager »… J’ai trouvé les portraits d’artistes forts et frappants.

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IRVING PENN au Grand Palais, Paris, jusqu’au 29 Janvier 2018.

 

 

Sophie Calle & le deuil amoureux

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Quelque chose m’attire dans le travail de Sophie Calle depuis des années, sans que je puisse mettre le doigt dessus précisément ; peut-être un sentiment universel lié à l’autre, au masculin-féminin, à la quête amoureuse, à la perte, à l’humain en somme. Monter une exposition autour de lettres de rupture, accueillir des visiteurs dans un lit au sommet de la tour Eiffel, suivre des inconnus dans la rue, recueillir le dernier souffle de sa mère… Transgression ! Ce que j’apprécie dans l’art contemporain, c’est lorsqu’a priori tu te dis en observant une oeuvre : mais n’importe quoi, quelle idée franchement… et puis lorsque tu découvres l’histoire enfouie derrière, ça te permet une autre perspective, une explication, une beauté même parfois – note que ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut !

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Dans Beau Doublé, Monsieur le Marquis !, elle investit le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, et si pour une partie de l’exposition elle évoque la disparition de son père et le travail de deuil, pour le reste elle s’est intégrée au Musée parmi tableaux et animaux naturalisés… il n’y a plus qu’à partir à sa recherche 

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Pour l’occasion elle a invité une artiste de grand talent, Serena Carone. Regarde cette Pleureuse en faïence émaillée qui se noie dans ses larmes qui coulent pour de vrai…

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Une dormeuse que l’on voit réellement respirer paisiblement, la clef d’une chambre d’hôtel où quelque chose d’important s’est joué….

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Une tasse de café volée à la fin d’un rendez-vous, une lettre d’amour commandée à un écrivain public…

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L’ours blanc emblématique du musée, voué à la disparition… j’aime ces symboles, je les trouve ludiques même s’ils parlent parfois d’une tragédie.

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Et si l’on pouvait nous aussi mettre en vitrine les vêtements qui nous rappellent un rendez-vous amoureux ?

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Beau Doublé, Monsieur le Marquis ! Sophie Calle & son invitée Serena Carone, Musée de la Chasse et de la nature (Paris 3e), jusqu’au 11 février 2018  

Picasso devant la Nature

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Voilà un bien joli cadre (le Château de Sceaux) pour accueillir près de 80 oeuvres (issues des collections du musée Picasso de Paris) de l’artiste espagnol, dessins, photographies, estampes et quelques tableaux où Picasso représente, illustre ou utilise la nature.

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Ce que j’ai préféré, c’est cette représentation de la femme-fleur : Marie-Thérèse, puis Françoise Gillot, lui inspirent des dessins colorés, joyeux et sensuels.

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J’ai trouvé l’exposition trop courte, mais les oeuvres méritent le coup d’oeil par leur technique et leurs couleurs ; l’occasion de s’apercevoir que même si Picasso n’a jamais été un paysagiste, la nature, les végétaux, les arbres, les animaux, imprégnaient malgré tout son oeuvre.

PICASSO DEVANT LA NATURE, Exposition au Musée du Domaine Départemental de Sceaux, jusqu’au 31 décembre 2017.

Les Bienveillants

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Besoin d’une grande bouffée de bienveillance et d’humanité ces temps-ci, pas toi ? Alors, même si l’installation est terminée depuis longtemps, je tenais à te montrer le travail d’Annie Samuelson, qui l’espace d’une visite m’a fait l’effet d’une bulle d’apaisement dans ce monde de taré fou.

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L’exposition se tenait au sein du Couvent des Billettes, rue des Archives à Paris, un quartier qui grouille de vie, de bruit et de monde, mais une fois franchis des rideaux incitant au silence (« chut« ), tu découvrais un véritable espace de recueillement.

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Les Bienveillants veillent sur les âmes au bois dormant…

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 J’aurais bien voulu m’asseoir dans un petit coin et rester à veiller un moment, moi aussi… Si tu as envie d’en savoir plus sur le travail d’Annie Samuelson, un très bel article ICI.

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