L’élégance Irving Penn

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On connait surtout IRVING PENN pour ses photos de mode ou de stars, mais cette exposition qui se tient au Grand Palais jusqu’en janvier prochain démontre à quel point sa palette était bien plus large. Chaque photo en dépit de son apparente simplicité est en réalité travaillée tant au niveau du fond, de la posture, du cadre… et bien sûr de ce talent pour saisir une personnalité qui tente de se dérober, l’oeil aux aguets. Le résultat parait simple, épuré, alors que rien n’est laissé au hasard.

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Le parcours de l’exposition nous fait découvrir chronologiquement les travaux du photographe : premières natures mortes, séries pour le magazine Vogue, à Lima ou sur les petits métiers, portraits, nus… cigarettes, « frêles résidus d’un plaisir passager »… J’ai trouvé les portraits d’artistes forts et frappants.

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IRVING PENN au Grand Palais, Paris, jusqu’au 29 Janvier 2018.

 

 

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Sophie Calle & le deuil amoureux

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Quelque chose m’attire dans le travail de Sophie Calle depuis des années, sans que je puisse mettre le doigt dessus précisément ; peut-être un sentiment universel lié à l’autre, au masculin-féminin, à la quête amoureuse, à la perte, à l’humain en somme. Monter une exposition autour de lettres de rupture, accueillir des visiteurs dans un lit au sommet de la tour Eiffel, suivre des inconnus dans la rue, recueillir le dernier souffle de sa mère… Transgression ! Ce que j’apprécie dans l’art contemporain, c’est lorsqu’a priori tu te dis en observant une oeuvre : mais n’importe quoi, quelle idée franchement… et puis lorsque tu découvres l’histoire enfouie derrière, ça te permet une autre perspective, une explication, une beauté même parfois – note que ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut !

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Dans Beau Doublé, Monsieur le Marquis !, elle investit le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, et si pour une partie de l’exposition elle évoque la disparition de son père et le travail de deuil, pour le reste elle s’est intégrée au Musée parmi tableaux et animaux naturalisés… il n’y a plus qu’à partir à sa recherche 

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Pour l’occasion elle a invité une artiste de grand talent, Serena Carone. Regarde cette Pleureuse en faïence émaillée qui se noie dans ses larmes qui coulent pour de vrai…

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Une dormeuse que l’on voit réellement respirer paisiblement, la clef d’une chambre d’hôtel où quelque chose d’important s’est joué….

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Une tasse de café volée à la fin d’un rendez-vous, une lettre d’amour commandée à un écrivain public…

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L’ours blanc emblématique du musée, voué à la disparition… j’aime ces symboles, je les trouve ludiques même s’ils parlent parfois d’une tragédie.

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Et si l’on pouvait nous aussi mettre en vitrine les vêtements qui nous rappellent un rendez-vous amoureux ?

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Beau Doublé, Monsieur le Marquis ! Sophie Calle & son invitée Serena Carone, Musée de la Chasse et de la nature (Paris 3e), jusqu’au 11 février 2018  

Picasso devant la Nature

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Voilà un bien joli cadre (le Château de Sceaux) pour accueillir près de 80 oeuvres (issues des collections du musée Picasso de Paris) de l’artiste espagnol, dessins, photographies, estampes et quelques tableaux où Picasso représente, illustre ou utilise la nature.

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Ce que j’ai préféré, c’est cette représentation de la femme-fleur : Marie-Thérèse, puis Françoise Gillot, lui inspirent des dessins colorés, joyeux et sensuels.

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J’ai trouvé l’exposition trop courte, mais les oeuvres méritent le coup d’oeil par leur technique et leurs couleurs ; l’occasion de s’apercevoir que même si Picasso n’a jamais été un paysagiste, la nature, les végétaux, les arbres, les animaux, imprégnaient malgré tout son oeuvre.

PICASSO DEVANT LA NATURE, Exposition au Musée du Domaine Départemental de Sceaux, jusqu’au 31 décembre 2017.

Les Bienveillants

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Besoin d’une grande bouffée de bienveillance et d’humanité ces temps-ci, pas toi ? Alors, même si l’installation est terminée depuis longtemps, je tenais à te montrer le travail d’Annie Samuelson, qui l’espace d’une visite m’a fait l’effet d’une bulle d’apaisement dans ce monde de taré fou.

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L’exposition se tenait au sein du Couvent des Billettes, rue des Archives à Paris, un quartier qui grouille de vie, de bruit et de monde, mais une fois franchis des rideaux incitant au silence (« chut« ), tu découvrais un véritable espace de recueillement.

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Les Bienveillants veillent sur les âmes au bois dormant…

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 J’aurais bien voulu m’asseoir dans un petit coin et rester à veiller un moment, moi aussi… Si tu as envie d’en savoir plus sur le travail d’Annie Samuelson, un très bel article ICI.

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Chaplin’s World

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C’est à Corsier-sur-Vevey, en Suisse, que se trouve la dernière demeure de Charlie Chaplin, et c’est là que depuis un an seulement un musée dédié à sa mémoire et à son oeuvre a ouvert ses portes, avec le soutien du Musée Grévin. La visite de Chaplin’s World est constituée de trois parcours : le Manoir, le Studio et le Parc (dont nous n’avons pas pu profiter à cause de la météo).

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Chaplin a été expulsé des Etats-Unis en pleine période de maccarthysme ; en 1952, tombé sous le charme du Manoir de Ban, il en fit l’acquisition et y vivra de nombreuses années avec sa femme Oona et leurs huit enfants. Et d’après ce que l’on peut voir des archives familiales largement ouvertes aux visiteurs, ce furent des années très heureuses…

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Au fil de la visite on peut croiser quelques statues de cire (parfois très troublantes !), notamment de célébrités ayant cotoyé Chaplin (Churchill, Enstein, Sophia Loren…).

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La visite de la maison familiale est vraiment très émouvante, nous faisant entrer dans l’intimité de l’artiste et de ses proches ; les films familiaux, donnant à voir un artiste vieillissant mais faisant perpétuellement le clown pour faire rire ses jeunes enfants, sont extrêmement touchants.

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Le Studio quant à lui est entièrement consacré à l’oeuvre du génie, en reconstituant les décors de ses films les plus célèbres dans une très chouette scénographie avec une multitude d’accessoires. On peut s’y prendre en photo en costume, se faire coiffer par Charlot, entrer sur un véritable plateau de cinéma ou une piste de cirque, se laisser enfermer dans une cellule de prison… bref on passe de l’autre côté du décor.

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Je suis ressortie enchantée de cette visite qui m’a appris beaucoup de choses sur Charlie Chaplin et donné envie de redécouvrir son oeuvre avec mes enfants avec un autre oeil. L’endroit a de toute évidence été pensé dans le plus grand respect de l’homme, et ça se ressent vraiment. Même si je reconnais que je ne suis pas une grande fan des statues de cire (j’y peux rien, elles me font un peu flipper), c’est un endroit à découvrir absolument pour les cinéphiles, les fans de Charlot… et tous les autres qui auraient l’occasion de passer dans la région !

 

CHAPLIN’S WORLD, Route de Fenil 2 CH – 1804 Corsier sur Vevey ★

Le Festival Photo de la Gacilly, à ciel ouvert

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Cet été pour la première fois nous sommes allés visiter le Festival photo en plein air de La Gacilly, un charmant petit village du Morbihan qui l’espace d’un été prête ses murs, ses ruelles et ses jardins à plus d’une trentaine d’expositions diverses et toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

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Parmi ces galeries à ciel ouvert, cette année le Festival mettait à l’honneur la photographie africaine,  et la relation de l’homme à l’animal. J’ai eu énormément de coups de coeur, difficile de n’en montrer que quelques uns.

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Le Grand Show des Animaux de la Ferme, Rob Macinnis.

IMG_8109IMG_8080Le Monde a 9 ans, Aïda Muluneh.

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L’Arche Photographique, Joel Sartore.

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Dogs, Eliott Erwitt.

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In Situ, Eric Pillot.

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Plus qu’Humains, Tim Flach.

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A ne pas manquer, le FESTIVAL PHOTO DE LA GACILLY se tient encore jusqu’au 30 Septembre (gratuit).

Un Été au Havre, des couleurs dans la ville

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A l’occasion des 500 ans du Havre et jusqu’en novembre prochain, des évènements, rencontres, installations, créations, viennent réinterpréter la ville. L’occasion pour ceux qui comme nous ne connaissent pas encore cette ville de la découvrir, de parcourir la ville Perret ou encore d’entrer dans le fameux Volcan (scène nationale). Expérience mille fois positive : sous un ciel de rêve nous sommes allés d’une installation artistique à une autre, et n’avons croisé que des personnes ultra sympathiques. Petite déception d’avoir loupé l’exposition Pierre & Gilles, tant de choses sont programmées que nous n’avons pas pu tout voir, mais voilà ce que nous avons pu apprécier :

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Catène de Containers par Vincent Ganivet, arches monumentales ultraphotogéniques constituées de containers multicolores, clin d’oeil à l’activité portuaire de la ville, sur le Quai de Southampton. Installation tellement bien intégrée que la question de sa pérennisation se pose sérieusement (voir l’article à ce sujet de ma copine Anne-Laure), et comme je le comprends !

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Le Temple aux 5000 Voeux imaginé par La BaZooka : un parcours commençant dans un ravissant jardin japonais et permettant d’embarquer vers un îlot au milieu d’un bassin pour y accrocher un voeu, enfin entrer dans cette petite baraque rouge pour y voir… chut !

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Déjà cette année, Chiharu Shiota avait tissé ses fils au Bon Marché à Paris,  du blanc elle passe au rouge avec Accumulation of Power, impressionnant tourbillon de laine visible à l’Eglise Saint-Joseph. Hypnotique !

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Sur la plage, tandis que Karel Martens a redonné de la couleur aux cabanes, les artistes Lang & Bauman ont installé une structure rectangulaire répondant à la perspective des immeubles imaginés par Auguste Perret.

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Bref, on est repartis enchantés, et je ne saurai trop te recommander, si tu en as l’occasion, un petit passage par le Havre pour découvrir ou redécouvrir la ville autrement grâce à cette fantastique programmation !

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