Les Ors de l’Opéra

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Il faut que je t’explique que Monsieur Bazar a la bougeotte, tous les week-ends il essaye de motiver sa petite famille à des sorties plus ou moins intéressantes, sportives et/ou bizarres (rayer la mention inutile). Il faut voir l’effet que fait le mot « musée » sur mes garçons, c’est magique, un véritable concert de pleureuses antiques at home. Moi même je l’avoue, certaines fins de semaines je resterai bien vautrée sur mon canapé à bouquiner avec mon chat et du chocolat à portée de main… ah non, attends, ça c’était avant d’avoir des enfants… Bref, Mr Bazar est devenu expert pour trouver des expos bizarres (cf Bic) ou des manifestations improbables. Cette fois-là j’avoue, quand il a voulu aller voir l’Opéra Garnier à l’occasion du week end « Tous à l’Opéra », je me suis dit qu’il rêvait : aucun risque qu’on arrive à y accéder, attente de 3h, etc. Mais comme j’aime bien faire plaisir à Monsieur Bazar, on a tout de même tenté le coup : file d’attente de dix minutes, pouf on est dedans, et là Wouaaaaaaaaaaaaaah…

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Offerts à nos yeux émerveillés et à nos appareils photo en surchauffe (il y a tant de détails, partout, la déco est tellement chargée qu’il est difficile de prendre une photo avec profondeur), le grand escalier, le grand foyer et la salle de théâtre (avec son fameux plafond signé Marc Chagall) nous sont accessibles…

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Et là tu te prends à imaginer tout ce qui a pu se passer dans ce décor de folie depuis son inauguration en 1875, et tu te souviens de cet incroyable livre de Camille Laurens, La Petite Danseuse de quatorze ans (que je te recommande absolument), où il était question du mode de vie des petits rats de l’Opéra à l’époque d’Edgar Degas…

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Pour visiter l’Opéra, en attendant les prochaines Journées du Patrimoine, il faut réserver ICI ✩

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{Expo} La Collection BIC, quand le stylo bille inspire

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J’aime beaucoup le 104 à Paris, c’est vraiment un endroit qui grouille de créativité, tu peux y croiser des jeunes artistes en pleine répétition, y assister à des concerts ou visiter des expos étrangement particulières. Celle qui se tient jusqu’au 13 me semblait a priori un peu gadgeto-anecdotique, mais j’ai changé d’avis au fil de ma visite, et si tu en as l’occasion n’hésite pas à y jeter un oeil (enfin, très rapidement puisqu’elle se termine fin mai).

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Le stylo BIC existe depuis les années 50 et sa facilité d’utilisation en a vite fait un indispensable, y compris pour les artistes pour exécuter rapidement des esquisses ou carrément des oeuvres à part entière.

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L’exposition montre en partie des détournements de l’objet pratique : stylo, rasoir, briquet… mais aussi des oeuvres à part entières assez épatantes usant et abusant des encres et de l’emblématique stylo quatre couleurs. On y croisera même des artistes historiques (César, Giacometti, Fernand Léger, Magritte…).

20180504_14174220180504_141938(Oui, ceci est un dessin fait au Bic…)

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Alliance de la matière noble (verre de Murano) et plus banale (encre de Bic) pour symboliser ces « rats qui ch…t  » selon Jan Fabre !

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Je recommande de ne pas hésiter à demander des explications aux jeunes guides du 104, qui apportent un éclairage passionnant sur chaque oeuvre.

 

LA COLLECTION BIC, 104 (5 rue Curial, 19e), accès libre, prolongée jusqu’au 27 mai.

Bayeux, ville d’Art & d’Histoire

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A défaut de pouvoir partir en vacances pour ces congés de Pâques, nous nous sommes offert une escapade en Normandie, de quoi couper les ponts même brièvement avec le quotidien, et surtout de découvrir un petit bout du Calvados. Et entre autres choses, sur les excellents conseils de ma copine d’❤ Anne-Laure, nous nous sommes attardés un petit moment à Bayeux, cette si charmante ville.

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Elle est très connue pour sa fameuse Tapisserie inscrite à l’Unesco, une oeuvre de 70 mètres de long (!) qui raconte la conquête du trône d’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1064, et qu’il faut vraiment voir pour en ausculter les moindres détails brodés et en apprécier la préciosité. Impossible d’en prendre des photos, ce qui est très compréhensible.

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En revanche j’ai largement mitraillé cet autre très beau Musée à la scénographie impeccable, le Musée d’Art et d’Histoire Baron Gérard qui se trouve juste à côté de la cathédrale et couvre l’histoire de l’art européen de la préhistoire à l’art moderne. Certaines salles sont vraiment d’une grande beauté…

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Oui j’ai un petit peu bugué dans la salle des dentelles (« oui oui j’arrive, encore une petite photo ! »)…

Enfin, rien à voir avec l’art (quoique), mais si après ta visite du Musée tu fatigues un peu, ne loupe surtout pas, juste en face, un salon de thé à la déco la plus extra que j’ai vue depuis longtemps (assortie d’un accueil souriant et de plats copieux et excellents servis dans la vaisselle de quand tu étais petite (enfin, si tu as mon âge…), que demander de plus ?). Ça s’appelle « Chez Paulette » et c’était bien ♪…

 

« Détournement », et au milieu coule la Seine

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Au sein de la Conciergerie à Paris, on peut aller voir jusqu’au 31 août une installation monumentale imaginée par Stéphane Thidet qui a entrepris de détourner… la Seine (!) pour la faire pénétrer dans le bâtiment tout proche, déambuler parmi ses colonnes avant d’en ressortir.

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Le dispositif est impressionnant, vue la complexité du défi technique : l’eau est puisée dans le fleuve et passe au-dessus du quai, entre par les anciennes cuisines, tombe en cascade dans la salle des Gens d’Armes avant de serpenter tranquillement dans la salle dans une structure en bois brut, faisant songer à ces gouttières de bambou charriant des ruisselets d’eau rafraichissante.

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Comme un rappel de la crue du siècle de 1910, l’eau fait son retour mais d’une manière apaisée et apaisante, avec des reflets miroitant sur les pierres médiévales mises en valeur par la pénombre et l’atmosphère de la salle. C’est vraiment à voir !

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DETOURNEMENT, une installation de Stéphane THIDET, jusqu’au 31 août

Miniartextil

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Jusqu’à la semaine dernière le Beffroi de Montrouge (92) accueillait pour une 14e édition une sélection d’artistes autour des oeuvres d’art textile, sous le thème « borderline ». Une jolie occasion d’explorer les limites et les frontières… de l’imagination !

En plus de multiples oeuvres à la minutie impressionnante, l’oeuvre majeure en était cette forêt de nombres imaginée par Emmanuelle Moureaux, pluie mathématique aux couleurs changeantes.

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Cette manifestation annuelle est vraiment une jolie découverte que je tâcherai de ne plus manquer !

Les Statues Mélancoliques

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Promenade automnale au Père Lachaise, jeu de pistes entre les tombes, délaissant les anonymes par milliers pour la petite dizaine de célébrités.

Plans étudiés, positions cochées, groupes de touristes agglutinés. Chopin adulé, Desproges abandonné, Modi et Jeanne honorés, Montand-Signoret qu’on n’en finit pas de déranger, Oscar Wilde protégé de l’abus de baisers, le pauvre Victor Noir passé à la postérité, Jim Morrison et son tronc de chewing-gums machouillés (?).

De jeune japonaises pomponnées déposent une rose sur chaque pierre visitée. Tourisme de Toussaint, rien de malsain, juste une distribution des pensées, une balade au pays des statues mélancoliques.

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Sophie Calle & le deuil amoureux

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Quelque chose m’attire dans le travail de Sophie Calle depuis des années, sans que je puisse mettre le doigt dessus précisément ; peut-être un sentiment universel lié à l’autre, au masculin-féminin, à la quête amoureuse, à la perte, à l’humain en somme. Monter une exposition autour de lettres de rupture, accueillir des visiteurs dans un lit au sommet de la tour Eiffel, suivre des inconnus dans la rue, recueillir le dernier souffle de sa mère… Transgression ! Ce que j’apprécie dans l’art contemporain, c’est lorsqu’a priori tu te dis en observant une oeuvre : mais n’importe quoi, quelle idée franchement… et puis lorsque tu découvres l’histoire enfouie derrière, ça te permet une autre perspective, une explication, une beauté même parfois – note que ce n’est pas toujours le cas, loin s’en faut !

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Dans Beau Doublé, Monsieur le Marquis !, elle investit le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, et si pour une partie de l’exposition elle évoque la disparition de son père et le travail de deuil, pour le reste elle s’est intégrée au Musée parmi tableaux et animaux naturalisés… il n’y a plus qu’à partir à sa recherche 

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Pour l’occasion elle a invité une artiste de grand talent, Serena Carone. Regarde cette Pleureuse en faïence émaillée qui se noie dans ses larmes qui coulent pour de vrai…

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Une dormeuse que l’on voit réellement respirer paisiblement, la clef d’une chambre d’hôtel où quelque chose d’important s’est joué….

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Une tasse de café volée à la fin d’un rendez-vous, une lettre d’amour commandée à un écrivain public…

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L’ours blanc emblématique du musée, voué à la disparition… j’aime ces symboles, je les trouve ludiques même s’ils parlent parfois d’une tragédie.

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Et si l’on pouvait nous aussi mettre en vitrine les vêtements qui nous rappellent un rendez-vous amoureux ?

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Beau Doublé, Monsieur le Marquis ! Sophie Calle & son invitée Serena Carone, Musée de la Chasse et de la nature (Paris 3e), jusqu’au 11 février 2018