Belles de Shangai

DSC_7118

Shangai, 1905. Au sein de la Concession internationale, Violet grandit au sein de la maison des courtisanes tenue par sa mère, une américaine. Tandis que la Chine est en proie à de violents changements politiques, la petite fille observe les us et coutumes des belles de boudoir. Lorsque sa mère se fait duper par un escroc, Violet est kidnappée et à son tour cloîtrée dans un de ces mêmes établissements, destinée à se prostituer.

« Les Belles de Shangai » c’est d’abord un univers feutré, raffiné, sensuel où la défloration des jeunes filles a un prix et la valeur des courtisanes monte et descend en fonction de leur réputation. Violet, déjà bien avertie par ses observations de petite fille, va être initiée à la féminité, à l’art de la séduction et aussi de la manipulation – le fonctionnement et la hiérarchie des « maisons de fleurs » sont extrêmement détaillés. Et alors que tout sentiment semble exclu de ce monde, Violet connaîtra des histoires d’amour, passionnelles, contrariées ou tragiques. Loyauté, Edward, Perpétuel… à chaque liaison son histoire et un chapitre de sa vie.

C’est aussi l’histoire d’une quête, quête des origines – Violet se découvre de père chinois – et de la maternité. Des salons élégants et luxueux à l’isolement d’un village isolé au fin fond du pays, ce sont toutes les facettes d’un pays en mutation que l’auteur dépeint avec talent, expressivité et sans aucun tabou.
Fascinant de bout en bout, j’ai été passionnée par ces quelques 600 pages et me suis laissée transporter par ces femmes de caractère qui luttent pour leur identité et leurs enfants.

{Belles de Shangai, Amy Tan, Editions Charleston}

 

109525164_o

 

Tu as vu cette magnifique couverture ? et en plus je suis dedans avec mes copines Charleston 😀 :

DSC_7123

L’avis complet des Copines :

Publicités

La Concubine Russe {Avis+concours}

BCp-IIEuiph

Chine, 1928. Chassée de sa Russie natale par les bolcheviques, la belle Valentine s’est réfugiée avec sa fille Lydia à Junchow, au nord de la Chine. Elles tentent de survivre, aristocrates mais ruinées, méprisées par toute la colonie occidentale de la ville…

Dès les premières pages on sent un souffle romanesque planer sur le destin de Lydia, la fille « renard » à l’éblouissante chevelure rousse ; absolument tout contribue à en faire une formidable héroïne de saga : le mystère lié à ses origines russes et à la disparition de son père, qui aurait été tué par les bolcheviks en 1917. Son acharnement, son audace et son courage à survivre au sein de cettre concession internationale en Chine, où elle et sa mère Valentina, ancienne gloire musicienne, survivent tant bien que mal, considérées comme des « diables étrangers ». Et puis sa rencontre avec Chang An Lo, jeune combattant communiste…

L’époque est remarquablement décrite et reconstituée, à tel point qu’on s’imagine sans peine dans ces petites rues sinistres, ce port théâtre de crimes, ces maisons coloniales. L’âge du personnage de Lydia m’a un peu interpellée, car elle n’est sensée avoir que 15 ou 16 ans au début de l’histoire, et elle fait pourtant preuve d’une maturité (elle sait même recoudre un pied !) et d’une audace hors du commun, quitte à se mettre en grand danger. Chantage, kidnapping, torture, attentats… autant de menaces guettent à chaque coin de rue.

Autour de la « fille de feu » gravitent des personnages haut en couleur et en caractère qui contribuent à une atmosphère particulière, entre les aristocrates russes déchus (qui est donc ce bel Alexei ?), un professeur tenté par le trafic d’opium pour sauver son école, des mafieux chinois, les soupirants qui se succèdent auprès de la mère de Lydia… j’ai beaucoup aimé Liev Popkov, ce géant russe qui s’est donné pour mission de protéger la jeune fille dans ses quêtes. Autant d’histoires qui constituent une passionnante épopée – qui ne fait que commencer puisque les aventures de Lydia ne s’arrêtent pas à la dernière page.

{La Concubine Russe, Kate FURNIVALL, Editions Charleston}

LC-2016

A l’occasion de la sortie de La Concubine Russe dans la très belle collection poche des Editions Charleston, j’ai la possibilité (MERCI ELISE ♥) de te faire gagner un exemplaire. Si ça te dit je te propose de me laisser un petit commentaire en inventant un titre au ton romanesque ( et qui te ressemblerait, pourquoi pas ?), par ex. La Lectrice Hongroise, ou bien L’Aviatrice Turque, ou… bref, amuses-toi ! Tirage au sort lundi midi et résultats en édit.

(A noter -comme dans le précédent jeu un peu plus tôt cette semaine – que si le lot ne te parvient pas, c’est pas après moi qu’il faudra râler – comme ça m’est déjà arrivé – mais auprès de ton facteur adoré. Merci. Bisous)

Edit : J’ai adoré vos propositions de titres, toutes plus belles les unes que les autres, Bravo et Merci ! Après tirage au sort par une petite main innocente (pas la mienne, donc), c’est MARIEG qui remporte le livre, Merci de m’envoyer rapidement tes coordonnées !

La tente rouge, dans le secret des femmes

IMG_4434

1500 av.J-C. A chaque nouvelle lune, sous une tente rouge comme le sang se chuchotent et se transmettent des secrets de femmes, de mère en fille, des secrets mêlant intrinsèquement la vie et la mort, des secrets sacrés excluant les hommes.

Un jour, Jacob prit quatre épouses, toutes soeurs, en eût plus de 10 fils et une seule fille. Son clan se mit à prospérer et à s’agrandir sur la terre de Canaan. Dina, sa seule fille et le coeur du livre, va devoir à son tour perpétuer la tradition, et nous la suivons durant toute son existence, de l’enfant si désirée par ses quatre « mères » avides de transmettre, de la fillette admise à pénétrer la tente sacrée, de la femme devenue sage-femme et de la mère.

J’ai eu un réel coup de coeur pour cette histoire de la féminité, de ses rites, ses symboles et ses souffrances, sa puissance et ses tabous aussi, vus à travers les yeux de Dina mais aussi de Rachel, Léa, Bilha, Zilpa… Je ne connais pas suffisamment l’histoire de la Bible pour savoir à quel point Anita Diamant s’en est inspiré ou en a dévié, je ne sais pas non plus si tous ces rituels longuement décrits sont exactement restitués, quoiqu’il en soit on parcourt avec passion ces quelques 400 pages, d’abord en un long fil qui coule tranquillement, puis bascule dans la tragédie, inattendue, qui frappe tous ces personnages que l’on avait appris à connaître, la rupture avant la fuite et la vie en Egypte. On se souviendra longtemps de ce magnifique portrait de femme puissante.

Pour comprendre une femme, il faut d’abord l’interroger sur sa mère, puis écouter attentivement.

{La Tente Rouge, Anita DIAMANT, Charleston}

 

 

 

LC-2016