Once upon a Time… in Hollywood, l’envers du décor

Il y a tant à dire et à discuter dans chaque film de Tarantino ! Double, quadruple ou multilectures, selon l’angle d’attaque on peut trouver ça génial ou horripilant. Personnellement, j’avais laissé tomber l’affaire depuis quelques films, estimant qu’il avait tendance à se répéter : quelques scènes à potentiel culte, de la musique souvent géniale, beaucoup de violence extrême avec membres explosés en gros plan, pas mal de blabla transitoire, quelques caméos et… des pieds (crades de préférence, chacun son trip) en gros plan. Bref, un beau b*rdel. Mais là, la double affiche Pitt-DiCaprio m’a attirée, et puis les années 60, et puis Hollywood, et puis, surtout, Sharon Tate.
Le film est très long et paraît-il que des spectateurs sortent avant la fin ; ce serait dommage, puisque c’est la fin qui en vaut la peine, clairement. Mais avant d’y arriver, il aligne multitude de scènes (parfois anecdotiques, voir l’apparition de Bruce Lee) qui installent la relation entre un acteur de séries façon Josh Randall qui tente de redonner un nouveau souffle à sa carrière (et pourquoi pas dans les western spaghetti) et sa doublure cascade cantonnée au rôle d’homme à tout faire (Brad Pitt, qui décidément, vieillit très très bien). Entre découragements, fausses promesses et désillusions, la machine Hollywood est en marche et broie tout ce qui passe. On est quand même loin du rêve que seuls quelques uns ont atteint.

Et puis, en marge de ce monde doré où les villas surplombent les studios sur les pentes de Los Angeles, il y a quelques hippies, dont ce groupe de très jeunes femmes qui se baladent en chantant, font les poubelles et vivent dans un décor de ranch abandonné. Le personnage de Brad Pitt va les croiser dans une scène où l’on retient véritablement son souffle – elle est loin l’ambiance peace and love. Il se trouve que ce groupe en particulier vit sous la coupe d’un certain Charlie qu’on ne verra que fugacement, le fameux Manson qui commanditera le meurtre de puissants. Et là, il faut vraiment connaître l’histoire de l’assassinat de Sharon Tate et de ses amis pour goûter l’ironie de la fin du film. J’ai trouvé l’idée excellentissime : la revanche 50 ans après, ou bien un hommage à une jeune actrice victime de la folie d’un homme ?
A ce sujet, il faut lire absolument « The Girls » d’Emma Cline (10/18) auquel j’ai beaucoup pensé durant le film , qui relate de façon romancée la façon dont de jeunes gens pouvaient tomber sous la coupe d’un gourou , au point d’accepter d’accomplir l’impensable.

ONCE UPON A TIME IN… HOLLYWOOD, un film de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, Margot Robbie… actuellement en salles.

8 réflexions sur “Once upon a Time… in Hollywood, l’envers du décor

    • Sophie Bazar dit :

      Ah vraiment je recommande cette lecture si le thème vous intéresse, c’est fou ce que je l’ai « reconnue » dans la reconstitution de Tarantino, et la mécanique d’embrigadement y est bien expliquée…
      Belle journée à vous mesdames !

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