Les Rêveurs, émouvant premier roman d’Isabelle Carré

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Isabelle Carré le dit elle-même, pour les journalistes mais pour le public aussi, elle est la quintessence de l’actrice « discrète et lumineuse » (et ce n’est pas le bandeau du livre qui dira le contraire), mais si ce n’était qu’une apparence qu’elle s’est construite ? Dans son premier roman (qui n’en est pas vraiment un), « Les Rêveurs », elle nous raconte l’histoire de sa famille, depuis la naissance de son frère jusqu’à aujourd’hui, alors qu’elle même est à présent maman de trois enfants.

Elle raconte la vie dans une famille tout sauf classique à travers les décennies, de ces rassurantes années 70 plutôt empreintes de liberté aux anxiogènes années sida, comment en grandissant elle a cherché un cadre rassurant qu’elle finira par trouver au théâtre et au cinéma à défaut de le trouver dans la vraie vie, entre une mère aristo dépressive, un père designer homosexuel, un frère en quête de géniteur… Quel enfant ne rêve pas de liberté ? mais alors que la vie pour la fratrie était d’abord un joyeux bordel organisé par des parents artistes, plutôt hors norme et très rêveurs, lorsque la réalité s’est assombrie, que la mère a perdu pied et le père est parti, la jeune fille perdue s’est retrouvée seule à 14 ans dans son propre appartement alors qu’elle n’en demandait pas tant !

Notre univers avait la texture d’un rêve, oui une enfance rêvée, plutôt qu’une enfance de rêve.

Comment cette enfant discrète jusqu’à l’effacement, qui tenta de se suicider à plusieurs reprises, a-t-elle choisi de passer dans la lumière tout en restant bien cachée derrière son maquillage et les costumes de ses personnages ? C’est un cheminement très émouvant décrit dans ces pages où l’interprète de « Se Souvenir des Belles Choses » nous dévoile un peu de ses secrets et de ses cicatrices (vraies et symboliques), une partie de ses cahiers d’enfance.

Qu’on en souffre ou qu’on ait du plaisir à revenir en arrière, je suis sûre qu’avec le temps « tout ne s’en va pas ».
Tout reste, les voix, les lieux, les images.
Tout demeure, à portée de pensée.
Et s’éclaircit.

 

LES RÊVEURS, Isabelle CARRÉ, Grasset

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