Mamma Maria, une envie d’Italie

« Tenir un bar dans ce tout petit village depuis plus de quarante ans, c’est un peu devoir être la mamma de tout le monde ».

Et c’est d’une main de maître et avec une voix généreuse que Maria règne sur le petit monde qui gravite autour de sa terrasse : les vieux, les ados, les habitués, les touristes, elle les connaît tous, leur vie, leurs habitudes, leurs changements de vie aussi, comme Sofia, qui vient de rentrer de Paris et se demande encore si elle a bien fait de quitter son compagnon.

Impossible de ne pas avoir des envies d’Italie (et de côte amalfitaine en particulier) après avoir refermé le livre, tant la générosité et l’exubérance italienne nous sont chaudement racontées avec une tendresse infinie. Une histoire rythmée par de courts chapitres alternant le point de vue de Maria, qui n’a encore jamais quitté son village, et celui de Sofia, qui est partie voir ailleurs et en est revenue. Mais au milieu de cette félicité pointent aussi des drames humains et l’occasion de faire évoluer des points de vue ancestraux dans un esprit d’entraide et de bienveillance. C’est touchant, ultra vivant et souvent très drôle (le duel entre Maria et sa belle-fille m’a régalée), un excellent moment passé à la terrasse à observer tous ces personnages haut en couleurs en sirotant un Amalfitano.

MAMMA MARIA, Serena Giuliano, Cherche-Midi