First Man, la course à la lune

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Neil Armstrong a été, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. First Man raconte la préparation de ce voyage historique, au milieu d’hommes dont la vie fut vouée à la conquête spatiale, souvent au détriment de leur vie personnelle.

C’est un film marquant, limite perturbant à plus d’un titre. D’abord, tu n’as jamais vu la conquête spatiale sous cet angle : des décennies avant les comptes-rendus poétiques et instagrammables de Thomas Pesquet, bienvenue dans la course suicidaire à la lune. Ici, les hommes se tuent à l’entraînement ou explosent en vol, tandis que les épouses attendent comme des Pénélope anxieuses regroupées dans des quartiers pavillonnaires. On est forcé de se demander qui a pu imaginer un jour que ces énormes tas de ferrailles maintenus par de gros écrous et propulsés par une explosion aient un jour la moindre chance de traverser l’atmosphère et encore moins de se poser sur une autre planète. Ici tu reviens aux fondamentaux, ce que l’on apprend de manière abstraite et ce que nous ont fait oublier les films avec George Clooney ou avec Tom Hanks, on se le prend en pleine figure avec l’odeur du fuel, la sueur qui goutte sous la visière du casque et la vie qui tient à une étincelle. La reconstitution est ultra réaliste et anxiogène, nous replaçant en outre à une époque où les critiques envers le coût financier et humain de cette épopée prenaient de plus en plus d’importance aux Etats-Unis.

Ensuite c’est sacrément bien filmé, ce qui n’est pas une surprise avec Damien Chazelle (Lalaland certes, mais aussi Whiplash, si tu ne l’as pas encore vu, fonce !). TU es dans la navette, TU pars en vrille, TU vois tous les boutons du tableau de bord clignoter comme des fous furieux, TU déposes ton pied sur la lune (le grand pas pour l’homme, blablabla). La réalisation est vraiment scotchante et on reste en apnée pendant tout la durée du film. Et même si le réalisateur a estimé nécessaire d’évoquer le deuil d’Armstrong, père abîmé par la perte de sa petite fille, peut-être pour rendre plus humain, intéressant ou ambigu un homme passé à la postérité mais distant, semblant tenir les émotions (et sa famille) à distance – ce qui était forcément une qualité nécessaire à sa mission, car le type dans la situation perdue d’avance garde un calme légendaire sans jamais céder à la panique, le film est un bel objet un peu lisse, un peu froid, un peu long, mais techniquement parfait.

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First Man : le premier homme sur la lune, un film de Damien Chazelle avec Ryan Gosling, Claire Foy, Kyle Chandler… actuellement en salles.

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