La Vraie Vie, roman phénomène de la rentrée

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Son père est chasseur, violent, imprévisible. Sa mère, une « amibe » craintive et inexistante. Son petit frère Gilles, suite à un terrible accident, est devenu triste, mutique et cruel. Elle, 10 ans au début de l’ouvrage, voudrait remonter le temps pour retrouver le petit garçon complice d’avant, mais comme dans la vie ça ne se passe pas toujours comme dans un film, pour cela il faudra qu’elle devienne Marie Curie.

Dès les premières lignes, l’univers est planté. Et il faut avancer un peu plus loin dans la lecture pour déterminer si ce que l’on lit est drôle ou tragique, en tout cas complètement à part. Cette fillette que nous allons suivre tout au long de son adolescence, narratrice sans prénom mais qui aime donner des surnoms aux autres, va rapidement découvrir que la vie ressemble à un combat, une agonie ; comment grandir sereinement lorsque l’on est cerné par le bois des Petits Pendus, un cimetière de voitures ou une salle d’animaux empaillés ? lorsque la hyène rode, à l’affut du corps qui change, se nourrissant de la peur et de la douleur ?
Mais elle, la guerrière, est d’une détermination sans bornes, et si elle est obligée de « se construire en silence, sur la pointe des pieds », convaincue que si elle est découverte, elle deviendra une proie, elle ne va jamais cesser de se battre pour sa liberté et celle de son frère.
Cette atmosphère de danger lié à l’adolescence et de mort omniprésente n’est pas sans rappeler les ouvrages de Laura Kasischke. Les émotions (violentes, toujours : colère, mépris…) y sont décrites comme des bêtes tapies dans le ventre ou dans la tête, et le récit de cette vie de famille qui vit (ou survit) au rythme de la violence du père noue les tripes jusqu’à la dernière page. Le talent particulier de l’auteure est de nous raconter la maltraitance de façon parfois si étrange et si loufoque, que le pire ressemble ici à un conte d’où les fées seraient totalement absentes.

 

LA VRAIE VIE, Adeline Dieudonné, L’Iconoclaste

7 réflexions sur “La Vraie Vie, roman phénomène de la rentrée

  1. laurence dit :

    On parle beaucoup de ce livre en cette rentrée littéraire mais entre les livres « Vraiment » à lire et ceux que les réseaux sociaux poussent, je suis un peu perdue ! En plus, Laura Kasischke j’apprécie moyen. Bref, je crois que je vais passer mon tour !

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  2. Écrirature dit :

    Littérature sans ailes, du bon feel good, du bon vide pour ceux qui sont fatigués ou peu exigeants, désireux de délester leur cerveau le temps d’un livre genre bédé sans images (et sans style)… à ranger auprès de Ledig, Lévy, Gavalda, Legardinier, tous les faiseurs de populo story et de succès de grande surface…

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