Le Cercle Littéraire de Guernesey, une adaptation réussie ?

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Londres, 1946. Juliet Ashton, auteure de chroniques humoristiques à succès, reçoit la lettre d’un membre du Cercle Littéraire des Epluchures de Patates créé durant l’Occupation sur l’île de Guernesey. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île…

Quelle bonne idée d’adapter le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (best titre of book ever) ! Je me souviens du plaisir à la lecture de ce roman épistolaire de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, peut-être pas un chef d’oeuvre mais un roman épistolaire à la fois fantaisiste et grave, gros succès de librairie en 2009.  Alors, que dire du résultat sur grand écran ?

Premier point : en sortant de la salle de cinéma tu te précipiteras sur le net à la recherche d’un billet direct pour Guernesey. Comme ça a l’air beau, sauvage, tranquille, loin du RER

Deuxièmement : le contexte est réellement intéressant, racontant comment une petite île a pu pendant la guerre devenir un piège à la fois pour ses habitants et pour les occupants. Important également de rappeler qu’en 1940 il fut décidé de séparer des enfants de leurs parents dans l’urgence et avec le déchirement qu’on imagine. Des scènes d’émotion intense abondent et il est difficile de retenir sa larme. Et puis on y parle de lecture évidemment, ce qui au départ était un prétexte pour berner l’ennemi est devenu la passion d’un petit groupe de voisins qui passent des soirées à débattre de Jane Austen et des Soeurs Brontë.

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Troisième point, et c’est là que ça pêche selon moi, la distribution. J’ai trouvé la joyeuse bande du Cercle Littéraire parfaite, d’Amelia à Eben, Isola ou Elizabeth (symbole de la résistance).
En revanche, pour ce qui est des londoniens, autrement dit Juliet (Lily James),  il faut la voir se pamer à la lecture d’une simple lecture, exagérer ses indignations, réaliser avec tout sauf de la nuance que mon dieu, mais tout ceci, la gloire, les réceptions, les jolies robes, ne serait que futilité, la vraie vie n’est-elle pas d’aller élever les cochons avec le beau Dawsey ? J’exagère (un peu), mais tu as compris l’idée. L’actrice est charmante mais en surjeu permanent. Ne parlons pas de son prétendant londonien dont en moins d’un quart de scène de mâchoire glabre tu devines qu’il ne finira pas le film.
Ceci étant, la mise en scène est agréable et l’image belle, la reconstitution historique nickel, l’émotion présente et la romance sympathique, tout est donc réuni pour que le réalisateur de Quatre Mariages et un Enterrement nous fasse au moins passer un agréable moment.

LE CERCLE LITTERAIRE DE GUERNESEY, un film de Mike Newell avec Lily James, Michiel Huisman, Matthew Goode… actuellement en salles