L’Echange, honnête page-turner

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Caroline et son mari Francis ont besoin de changer d’air pour donner un nouvel élan à leur couple ; ils profitent de l’opportunité dénichée sur un site d’annonces d’échanger leur logement avec celui de quelqu’un d’autre durant une semaine.
Mais une fois sur place, dans une maison si vide et si impersonnelle qu’elle ressemble à une maison-témoin, Caroline commence à ressentir un certain malaise : des détails apparaissent ou disparaissent comme autant de messages déposés ça et là, ravivant d’anciens souvenirs douloureux…

On dirait un jeu du chat et de la souris : une personne qui semble particulièrement bien connaître Caroline s’amuse à disséminer des indices, et il se pourrait bien que cette même personne se trouve en ce moment même chez elle… Et cette voisine Amber très curieuse, qui lui ressemble bizarrement et semble vouloir à tout prix devenir sa copine, que sait-elle ?
Au fil de chapitres donnant la parole tantôt à Caroline, tantôt à son mari, tantôt à la personne occupant leur appartement en leur absence, basculant entre 2013 et 2015, on en sait plus sur les évènements qui ont marqué leur vie de couple : la toxicomanie de Francis, la solitude de son épouse, et puis ce collègue si gentil… Mais au-delà de ce qui pourrait ressembler à une vieille histoire d’adultère, voire un réglement de comptes, il y a plus insidieux et menaçant, une ancienne culpabilité qui remonte à la surface pour tout engloutir.
En dépit de pas mal d’invraisemblances (quitte à chercher un endroit pour reconstruire leur couple, pourquoi avoir choisi cette maison de banlieue londonienne qui selon les descriptions n’a rien pour faire rêver ?), « L’Echange » recèle quelques coups de théâtre bien égrènés qui tombent au parfait moment pour relancer l’envie de tourner les pages là où l’on commençait à s’ennuyer. Sans être absolument percutant, c’est un très honnête page-turner, à vous couper l’envie d’aller traîner sur Airbnb.

C’est ainsi que l’on avance : on se transmet notre douleur les uns aux autres, l’épanchant, la diluant au passage. Dans l’espoir qu’elle se dissipe et disparaisse.

 

L’ECHANGE, Rebecca Fleet, La Bête Noire