Juliette de Saint-Tropez, une femme hors norme

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Lucas, le narrateur-auteur, a entrepris de recueillir les souvenirs de sa grand-mère Juliette, dont la vie fut hors norme. Complété par les points de vue et souvenirs des proches, il dessine le portrait d’une femme à la personnalité écrasante et séduisante, haïe et adorée. Juliette voulut inventer sa vie : née Nicole Lamour (nom prédestiné), délaissée par sa mère qui ne se remit jamais de la mort du père, elle découvrit en grandissant le pouvoir de sa beauté sur les hommes et son besoin éperdu d’indépendance. Après l’échec de ses deux mariages (le premier avec Georges, mari absent, alcoolique et menteur, le second avec Jacques, pas vraiment un bon numéro non plus), divorcée avec cinq enfants et femme de pouvoir, Nicole choisit de tout plaquer pour devenir Juliette, blonde et tropézienne. Mais la liberté coûte cher, outre le prix de la solitude et le chaos qu’elle causa parmi ses propres enfants.

On glorifie les révolutions politiques, pas les révolutions intérieures. Ce sont pourtant les plus rudes à mener. Qu’est-ce qui fait que ce matin-là nous avons le courage de changer de vie, de rompre ?
Je crois que c’est une pulsion, une pulsion ancestrale et qu’elle n’intervient que lorsqu’on se trouve en danger de mort. Pas forcément en danger de mort physique immédiate, non une mort psychologique, une incapacité à agir, bouger, évoluer.

Ce n’est qu’aux trois quarts de ma lecture que j’ai compris pourquoi j’étais tellement attisée par cet incroyable personnage de femme : j’ai eu, moi aussi, une grand-mère hors normes, qui ne s’est jamais mariée, a grimpé les échelons en dépit des préjugés, n’en a rien eu à faire des on-dit jusqu’à la fin de sa vie… et n’a pas ménagé sa progéniture qui était loin d’être sa priorité ! J’ai reconnu également cette volonté d’effacer intentionnellement les hommes, leur existence et parfois jusqu’à leur nom – Lucas n’a jamais connu le nom de son père et cherche au moins à retrouver la trace de son grand-père.
Femme libre au tempérament de feu, Juliette a collectionné les hommes, les chiens et les voitures en laissant le soin à la génération suivante de réparer les pots cassés, mystérieuse jusqu’à la fin. Etait-elle folle, excessive, égoïste, nymphomane ? peu importe finalement à Valentin Spitz qui lui fait ici le magnifique cadeau du roman de sa vie et démontre avec talent à quel point souvent, famille, joies et souffrances sont intrinsèquement mêlés… un grand Bravo à lui !

C’était agaçant tout de même la propension de la vie à être toujours plus inventive, toujours plus forte, que mon roman.

 

JULIETTE DE SAINT-TROPEZ, Valentin Spitz, Editions Stock

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