« Allô, Major Tom ? », improbable et cocasse

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C’est l’histoire tout à fait improbable d’un voyage sans retour, celui qu’a choisi de faire Thomas Major, affreux misanthrope, horrible grincheux qui use de l’humour pince-sans-rire comme d’une arme. Et quoi de mieux pour s’éloigner de ces congénères qu’il exècre tant que de … partir sur la lune, littéralement ? Voilà comment il est devenu Major Tom (oui, comme dans la chanson de Bowie), prenant la place d’un astronaute alors qu’il n’était jusqu’alors qu’un modeste technicien chimiste, et est en passe de devenir le premier homme à aller sur Mars pour y préparer sa future colonisation.

Rien dans ces circonstances ne le prédisposait à entrer en contact avec Gladys, une vieille dame de 71 ans qui commence à présenter les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, ni avec James, un petit génie harcelé à l’école, ni avec sa soeur Ellie, 15 ans, qui entre une maman disparue, un père en prison et une grand-mère qui perd la mémoire, est contrainte de grandir trop vite pour éviter que la famille ne soit repérée et séparée par les services sociaux et expulsée de leur maison.

Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille dysfonctionnelle azymutée à la con est dysfonctionnelle azymutée à sa façon.

Alors que leur histoire lui rappelle des bribes, pas moins tragiques, de la sienne (chargé du poids des infidélités de son père et de la responsabilité de la disparition tragique de son frère Peter), Thomas réalise peu à peu que l’isolement tant souhaité n’est finalement pas la solution du bonheur et que venir en aide à autrui peut apporter un réconfort inattendu.

Le début du livre m’a un peu effrayée, je trouvais que ça partait dans tous les sens, mais peu à peu je me suis laissée gagner par l’histoire et surtout j’ai ri, beaucoup, à certains passages que j’imaginai sans aucun mal devenir des scènes de film. C’est gentiment cocasse, souvent tendre, ça aborde en passant quelques sujets graves (le harcèlement à l’école, les difficultés de certaines familles à sortir la tête de l’eau, la maladie d’Alzheimer), ça se laisse lire avec plaisir _ il faut juste éviter de le laisser traîner devant les yeux de Thomas Pesquet qui risquerait de ne pas se remettre du récit de la préparation express du héros à son voyage vers Mars !

Un jour j’ai lu cette citation d’Einstein : « Apprendre d’hier, vivre pour aujourd’hui, espérer pour demain. L’important est de ne pas cesser de s’interroger. »

 

ALLO, MAJOR TOM ?, David M.Barnett, JC Lattès ✩

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