La Femme qui ne Vieillissait Pas, légère déception

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Betty a arrêté de vieillir à l’âge de 30 ans. Passée l’euphorie, elle réalise que ce qui représente un rêve pour beaucoup de femmes (et d’hommes) est peut-être en réalité une malédiction…

Benjamin Button, Dorian Gray… l’écoulement du temps fascine et effraie. Bien sûr si au début Betty (enfin, Martine) se réjouit de sa bonne nature et de l’étonnement qu’elle suscite, au fil des années elle réalise que non, voir vieillir ses proches ou grandir ses enfants sans que le temps n’ait prise sur soi n’a rien de normal, bien au contraire. Son entourage ne supporte plus le miroir qu’elle leur tend, lorsqu’eux évoluent mais pas elle, lorsque leur histoire marque leur visage à coups de rides, de cheveux blancs ou de cernes mais pas le sien. Injustice qui devient une damnation lorsque son propre mari commence à être soupçonné d’être un vieux beau qui sort avec une jeunette ou lorsque son propre fils vous rattrape…

Un tel sujet est l’occasion rêvée de se prêter à une grande réflexion sur l’image et le vieillissement (pas sur l’immortalité cependant, car si Martine ne vieillit pas au dehors, à l’intérieur son organisme évolue normalement), la peur du temps qui passe et l’obsession de le ralentir, telle Odette, cette amie qui se confie régulièrement aux mains d’un chirurgien esthétique. Il est certes important de rappeler que les choses sont précieuses précisément car elles ne durent pas, pour autant ce sont beaucoup de grosses ficelles pour une fin réglée en trois lignes. Pas d’explication sur le phénomène qui frappe Martine (pourquoi elle et pas une autre ?) si ce n’est la perte prématurée de sa mère et la difficulté de devenir plus « âgée » qu’elle. Ce nouveau Delacourt offre un moment de lecture agréable avec encore, souvent, ce sens de la jolie tournure, mais qui ne restera pas durablement en mémoire.

Peut-être devenons-nous ceux qui nous manquent. Peut-être remplissons-nous le vide, par angoisse du vide. Peut-être cristallisons-nous ce qu’ils ont été pour le garder auprès de nous toujours.

 

LA FEMME QUI NE VIEILLISSSAIT PAS, Grégoire Delacourt, JC.Lattès ✩