Trois Filles & leurs Mères, biographies romancées

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« Quand une mère disparaît, nous regrettons sa présence. Quand un père disparaît, souvent, nous regrettons ses silences. »

Sophie Carquain nous propose le triple portrait de femmes puissantes sous un angle particulièrement intéressant, celui de leurs mères : si Colette a fait passer Sido à la postérité et Marguerite Duras a évoqué sa mère dans « Un Barrage contre le Pacifique« , en revanche on ne connait presque rien de celle de Simone de Beauvoir.
Concentrée sur l’enfance, moment où la mère a le « pouvoir », l’auteure compare, tisse des liens, note les points communs ou les différences (de milieux notamment) entre ces grandes écrivaines. Puis vient avec la jeunesse l’émancipation du lien maternel, voire la tentative de brisure nette (parfois dans la violence), éloignement mais jamais rupture totale finalement, car qu’on les aime ou les haïsse nos mères nous font et nous défont, et leur influence sur la vie ou l’oeuvre sont tangibles d’une façon ou d’une autre.

C’est passionnant à lire, car même si ce ne sont pas n’importe quelles filles, et pas n’importe quelles mères, ces relations fusionnelles, autoritaires, intrusives, nous renvoient forcément à notre rapport avec la nôtre.
Enfin, et ce n’est pas le moindre des mérites de l’ouvrage, il réveille l’envie de (re)lire et (re)découvrir Colette, Marguerite Duras et Simone de Beauvoir sous un prisme nouveau.

Elle avait la grâce des mères occupées d’autre chose que de leurs enfants. La grâce des mères amoureuses.

TROIS FILLES ET LEURS MERES, Sophie Carquain, Editions Charleston ✩