Station Eleven, Emily St. John Mandel

IMG_20170711_154012_026

Je me découvre un certain goût (inquétant ?) pour les romans post-apocalyptiques, où l’humanité – ou ce qu’il en reste – est contrainte de revenir à son point de départ et de s’adapter pour survivre – la nature qui prend sa revanche en quelque sorte. J’avais ainsi énormément aimé Vongozero de Yana Vagner,  et je viens de passer un excellent moment de lecture avec Station Eleven d’Emily St. John Mandel.

Ce qui le distingue des autres romans dystopiques, c’est l’omniprésence de l’art. L’ouvrage s’ouvre sur une pièce de théâtre au cours de laquelle Arthur Leander, un célèbre acteur, s’écroule sur scène. Comme un point de départ, dès le lendemain, une pandémie de grippe s’est propagée dans le monde et décime la population à une vitesse fulgurante. Des décennies plus tard, une troupe d’acteurs et de musiciens, la Symphonie Itinérante, joue du Shakespeare ou du Beethoven dans toutes les villes qu’elle traverse, s’efforçant de faire subsister l’art, considérant que « survivre ne suffit pas » – même si face à la menace de quelques illuminés sectaires, les armes restent nécessaires.
Peu à peu, l’auteur tisse des liens entre les personnages grâce à des réminiscences d’avant la pandémie, entre ceux qui ont connu le monde d’avant et ceux qui l’ont oublié ou jamais connu, ceux qui ont, aussi, un lien plus ou moins ténu avec notre acteur du début. Les portables et autres consoles de jeux ne sont plus vouées qu’à être rangés dans des musées ! Qu’est-ce qui subsisterait après tout de notre confort si fragile, si demain tout s’arrêtait ? Qui survivrait, d’internet ou de Shakespeare ? Un point de vue audacieux – et plausible ! –  qui donne envie d’une suite…

L’enfer, c’est l’absence de ceux qu’on voudrait tant avoir auprès de soi.

 

STATION ELEVEN, Emily St. John Mandel, Rivages  

L’Orangerie du Château de Versailles

20170605_110622

En contrebas du Château de Versailles (où ils sont protégés du vent), orangers du Portugal, d’Espagne ou d’Italie rassemblés par Louis XIV sont conservés à intérieur d’un bâtiment – conçu par Mansart vers 1684 – l’hiver et déployés sur le parterre aux beaux jours. En tout plus de 1200 arbustes, orangers, palmiers, lauriers, grenadiers en caisses selon une symétrie harmonieuse qui coupe le souffle.

20170605_11031920170605_11100020170605_111947IMG_7686IMG_7687IMG_7695IMG_7697IMG_7703IMG_7704IMG_7709IMG_7716IMG_7710IMG_7712IMG_7714IMG_7719

Tu le sens, le parfum de la fleur d’oranger ?

IMG_7718IMG_7720

L’Orangerie est accessible depuis les Jardins du Château, accès gratuit sauf les Jours de Grandes Eaux.