Lou Andreas-Salomé, une femme d’influence

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Cette semaine sort en salles un film sur Lou Andreas-Salomé, une hagiographie plate et ennuyeuse. Pourquoi en parler me diras-tu ? Parce qu’il a au moins le grand mérite d’évoquer l’existence d’une femme exceptionnelle, et pas seulement pour son temps, beaucoup trop méconnue.

490280 Plouf ! le film.

Reprenons : Lou est une intellectuelle allemande d’origine russe ayant vécu de 1861 à 1937, romancière et psychanalyste elle déclencha la passion de beaucoup d’hommes, et pas des moindres (Rainer Maria Rilke et Friedrich Nietzsche pour les plus connus), elle fréquenta également Freud. Egérie au vrai sens du terme mais pas seulement, elle fut aussi avant-gardiste, rebelle, toujours en mouvement, toujours en voyage, et si elle inspira la passion elle la refusa tout autant, du moins jusqu’à très tard dans sa vie. Son oeuvre reste méconnue, dans l’ombre des grands noms qu’elle fréquenta.

Le film s’attarde beaucoup sur l’étrange trio (platonique) qu’elle forma avec Paul Ree et Nietzsche (le jeu de l’acteur derrière sa moustache autonome vaut son pesant de philosophes), pas suffisamment sur son enfance me semble-t-il. Elle accepta d’épouser Friedrich Carl Andreas à condition de ne jamais consommer le mariage. Sa relation avec Nietzsche fut brisée par la soeur de celui-ci, qui sombra dans la dépression et finit par écrire son chef d’oeuvre « Ainsi parlait Zarathoustra« . Belle, intelligente, avide de liberté, un brin manipulatrice… inspiratrice !!

Le film est intensément bavard, certes il est question d’intellectuels, mais les petites scènes pirouettes s’efforçant d’apporter de la fantaisie sont franchement ratées, le montage par moments absurdes, et ne parlons pas des cartes postales reconstituées de façon kitschissime. Mais ceci pourrait servir de point de départ à qui souhaiterait connaître cette figure féminine majeure, et peut-être approfondir par la lecture de son oeuvre, ou de celles qui lui ont été dédiées. Son histoire reste à raconter !

Lou-Andreas Salomé, un film de Cordula Kablitz-Post, avec Katharina Lorenz, actuellement en salles.

Description de cette image, également commentée ci-après

Un peu de lecture :

Lou, Histoire d’une Femme Libre, Françoise Giroud, Fayard & le Livre de Poche
Ma vie, Lou Andreas-Salomé, PUF
Lettres à Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke, 1001 Nuits

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S’Accrocher aux Etoiles ★

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Une mission spatiale qui tourne mal, et il ne reste plus à Carys et Max que 90 minutes à vivre, le temps peut-être de sauver leur vie… et leur couple ! De ce point de départ original, Katie Khan tire une histoire d’amour d’autant plus forte qu’elle la situe dans un futur où l’individu est nié pour le bien de la société, où les sentiments n’ont plus leur place… du moins pas avant l’âge de 35 ans, âge limite à partir duquel les couples ont le droit de s’installer et de fonder une famille. Dans ce futur-là, on change d’habitation tous les 3 ans, et tant pis pour la séparation des familles ou de ceux qui s’aiment, place à l’accomplissement individuel au service de la nation ! Quelle place peut-il bien rester pour le romantisme dans tout ça, est-ce possible de concilier amour et intelligence artificielle ?

Mais au fait, comment Carys et Max ont-ils pu se retrouver dans cette situation à la Gravity ? C’est leur parcours amoureux qui nous est raconté, entrecoupé par ce qui ressemble bien à une scène de ménage au beau milieu des astéroïdes. L’écriture est dynamique et ne s’encombre pas de détails (mais de beaucoup de références), d’ailleurs la majeure partie du roman est composée de dialogues, ce qui est à la fois un atout contribuant à la jolie dynamique de l’histoire et un défaut lui enlevant beaucoup trop de consistance. J’ai aimé néanmoins sa construction, surtout sa façon de conclure sur laquelle il vaut mieux garder la surprise. « S’Accrocher aux Étoiles » est donc une dystopie sentimentale originale et tendre semant discrètement quelques réflexions sur le libre-arbitre, avec une fin vraiment réussie, mais… chut !

La vie après la vie, c’est ce que nous laissons de nous dans le cœur des autres.

S’ACCROCHER AUX ETOILES, Katie KHAN, Super 8 Editions  ★

Merci à Babelio et aux Editions Super 8