« Les Indésirables », pour ne pas oublier

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1940, dans le méconnu camp de Gurs (à proximité d’Oloron Sainte Marie), des femmes d’origine allemande, célibataires et sans enfants, ont été internées. Ces « indésirables », Eva, Lise et les autres, vont survivre et résister à leur façon, en aimant, chantant, dansant et riant encore plus fort.

Je ne connaissais pas du tout cette histoire de jeunes femmes internées en raison de leurs origines et statut marital, elles furent pourtant rassemblées et recensées au Vel d’Hiv, de sinistre mémoire. C’est là que se rencontrent Lise et Eva, l’une ayant dû laisser derrière elle sa mère avec laquelle elle avait fui l’Allemagne nazie, l’autre son fiancé Louis parti en résistance. Comprenant rapidement qu’à deux elles seront plus fortes, elles deviennent inséparables, y compris lorsqu’avec leurs compagnes d’infortune (parmi lesquelles la philosophe Hannah Arendt ou encore l’actrice Dita Parlo) elles arrivent dans ce camp qui jouxte celui de prisonniers espagnols. Là, la vie va devoir s’organiser tant bien que mal, dans le meilleur (les liens de solidarité qui se nouent entre elles, les rapports avec les hommes tout proches, en dépit de la barrière de la langue) et pour le pire (la promiscuité, la saleté, la folie, la maladie, la violence, et un avenir épouvantablement incertain : la liberté ? ou la déportation ?). Et au milieu du chaos, ce projet insensé : monter un cabaret au sein du camp, avec les moyens du bord.

Je me suis attachée à ces personnages de femmes fragiles qui se trouvent des forces insoupçonnées au sein de la tragédie, qui ne renoncent ni au désir ni à l’amour, et les questions provoquées par cette histoire sont tellement nombreuses : pourquoi ces femmes-là ? quel rapport avec la maternité ? pourquoi les a-t-on oubliées ? Et pourtant il m’a manqué quelque chose pour que je sois totalement conquise : peut-être une fin trop rapide, trop abrupte, et le peu de ce que l’on apprend sur « l’après ». Néanmoins c’est une  très belle mise en lumière, indispensable, de ces femmes perdues.

On fait, la nuit, des promesses dictées par un intrépide espoir, que le jour a tôt fait de nous enlever.

Les Indésirables, Diane DUCRET, Flammarion  

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