Génération, un premier roman marquant

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Au sein d’une ferme de l’Illinois, Joe l’agriculteur embauche aussi bien des travailleurs mexicains comme Carlos que de jeunes wwoofeurs (= bénévoles) venus de tous horizons prêter leurs bras pour être au plus proche de la nature. C’est ainsi qu’il rencontre Áine, qui aspire à changer de vie. Séduite, elle vient passer quelques semaines d’été dans la ferme avec sa fille Daisy, mais rien ne va se passer comme elle l’espérait…

Si toute l’histoire gravite autour de Joe et de sa ferme, il s’agit néanmoins d’un roman à la construction chorale, dont chaque personnage est relié d’une façon qu’on ne comprendra qu’une fois la toute dernière page tournée. Quel peut bien être le point commun entre Judith et Frank, Kane ou Vicky, un irlandais parti travailler dans un puits canadien dans les années 50 et une jeune fille prénommée Bellis ?

La partie du roman où Áine va de découverte en découverte inquiétante durant son séjour à la ferme est très cinématographique et aurait suffi à faire un thriller, Joe s’avère en effet être un manipulateur malsain (ce que l’on sait dès les premières pages du roman) se prenant pour un fermier bio, vivant dans un endroit totalement insalubre, et pire encore. Certaines scènes dont celle se déroulant dans un champ ou cette autre racontant la découverte de chauves-souris dans un grenier provoquent la même sensation qu’un film angoissant.

Ainsi Paula McGrath a-t-elle réussi à confectionner une mosaïque avec des enchaînements très inattendus mais solides, d’apparence complexe mais en arrivant à boucler la boucle avec brio, forcant l’admiration du lecteur surpris.
J’ai trouvé que « Génération » évoquait la famille sans concession aucune, comme si personne ne pouvait échapper au poids du passé, des secrets et des torts causés par ses ancêtres proches ou lointains. Peut-être tout de même l’espoir subsiste-t-il dans la nouvelle génération sur laquelle se referme le livre, celle qui part à la rencontre du passé pour essayer de le comprendre.

Depuis peu, un ruban de mal-être flotte autour de ses jambes, telle une brume. Il est là en ce moment-même, alors que la maison redevient silencieuse. Il est là aussi la nuit, avant qu’elle s’endorme. Il s’enroule autour de sa taille, de ses hanches, et s’insinue entre ses cuisses.

 

Génération, Paula McGRATH, Editions La Table Ronde  

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