Si tout n’a pas péri avec mon innocence

BMCGC5BDigA

Kimberly vit au sein d’une famille nombreuse bien particulière, entre un père tatoueur qui a exercé ses talents sur tous ses enfants lorsqu’ils étaient bébés, une mère à bec de lièvre qui décide de se lancer dans la tardive carrière de strip-teaseuse, ses frères, ses soeurs et ses grands-parents. Une famille de doux dingues ce pourrait être agréable à vivre, sauf que dans le clan ce ne sont pas l’excès d’amour ni le respect d’autrui qui étouffent, chacun est au pire omnubilé par son nombril, au mieux inexistant, de sorte que les petits derniers de la famille sont littéralement abandonnés.

C’est juste que la vie est trop dure pour moi qui suis trop doux.

Kim comprenant rapidement que la vie est trop mal faite, décide dès son plus jeune âge de réagir au désamour parental en essayant de s’en sortir toute seule, parfois en passant par des voies bien étranges. D’abord en décidant de devenir un garçon, puis en se mettant en tête de protéger ses petits frères (mais n’est-ce pas déjà trop tard ?), enfin en se lancant dans une sexualité atypique et débridée. Tout est bon pour échapper ou au moins s’opposer à cette famille dont tous les adultes, « enfantins et déraisonnables », lui font honte. C’est une galerie de personnages particulièrement bigarrés que va croiser Kimberley, de l’impressionnante Charonne à Gladys, cette ancienne sage-femme devenue prostituée. J’ai aimé particulièrement le lien qui la liait à son petit frère Lorenzo (pour lequel on frémit durant de trop longues pages) et sa capacité à en appeler à Baudelaire dans toutes les situations, même et surtout les plus inconvenantes.

Les adultes admirables, ça se compte sur les doigts de la main et c’est bien le problème.

La première partie du roman captive : avec un style inhabituel et assez cru qui secoue un peu, l’auteure parle de survie et de résilience avec grand talent. Puis lorsque surviennent les « malheurs sans nom », l’histoire a tendance à s’enliser dans la recherche d’expériences fortes de Kim, dans le sexe et la défonce, jusqu’à se faire encourager par une vieille dame à la prostitution… Bref, c’est une découverte particulièrement forte et peu banale que je viens de faire avec Emmanuelle Bayamack-Tam.

 

Si tout n’a pas péri avec mon innocence, Emmanuelle BAYAMACK-TAM, Folio  ★

 

Merci à Lecteurs.com !

Publicités

Une réflexion sur “Si tout n’a pas péri avec mon innocence

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s