Tracks, la traversée du désert

En 1975, Robyn Davidson, une jeune femme en quête de sens, abandonne sa vie urbaine pour traverser le désert australien sur 2700 km, accompagnée de son chien et de quatre chameaux imprévisibles. Inspiré d’une histoire vraie, ce périple bouleversant est jalonné de rencontres qui lui permettront de découvrir sa force intérieure. Elle est pistée par Rick, un photographe du National Géographic qui couvre son expédition.

Autant le dire carrément, tu passes tout le film à te demander pourquoi, mais POURQUOI ? Pourquoi le désert, pourquoi des chameaux, pourquoi quatre chameaux (parce que dis donc, pas faciles à gérer ces petites bêtes !), pourquoi… Des explications on en aura peu finalement, à part quelques bribes de souvenirs d’enfance qui justifieraient un processus de résilience. Mais il est difficile de traduire les expressions de Mia Wasikowska qui perce rarement l’armure, sauf avec son chien – jamais avec les hommes. Prudente, silencieuse, butée, elle avance. Et il y a quelque chose de fascinant dans cette marche inexorable et poussiéreuse qui semble tendre vers l' »à quoi bon ? ». Cela dit, on a bien vu des quêtes spirituelles qui nécessitaient parfois de mettre des milliers de kilomètres entre soi et la civilisation, alors pourquoi pas dans le désert plutôt qu’au sommet d’une montagne tibétaine ou au fin fond d’un ashram indien ? (oui, mais les chameaux ?). Un détail est tout de même à souligner : sans aide, sans les hommes (les aborigènes en particulier), elle ne serait jamais arrivée au bout de son aventure.

Ce ne serait pas une histoire vraie, tu la mettrais sans aucun doute en cause, en imaginant un échec, une triste fin (façon Into The Wild). Mais non, Robyn, The Camel Lady, est réellement partie avec ses chameaux et en a même tiré un best seller à l’époque, qui vient d’ailleurs d’être réédité chez Stock. J’imagine que le texte creuse plus en profondeur que le film, peut-être même qu’après l’avoir lu tu ne te poses plus la question qui t’a turlupiné tout le film (pourquoi s’emmerder avec quatre chameaux, boudiou ?)…

Il y a une fascination dans cette solitude volontaire, cet acharnement à repousser ses limites. On voudrait tous avoir un bout du courage de Robyn – ou son inconscience ? – pour entreprendre sa propre aventure. En tout cas, la dernière scène est d’une beauté absolue, et l’on est bien soulagé avec elle – et ses chameaux, pauvres bêtes – d’être arrivé au bout du chemin.

Photo du film…

20140919-tracks-06

… Photo de la vraie Robyn, by Rick Smolan.

 

Tracks, un film de John Curran, avec Mia Wasikowska, Adam Driver… toujours en salles

 

 

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